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Une belle brochette !

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 28 juil.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 juil.



Chiang Mai, le 10 juillet 2026,


C’est jour et soir de pluie ; un typhon est en train de frapper Taïwan, son effet se fait ressentir jusqu’à nous. 19H30, l’heure du crépuscule, mais surtout l’heure du repas. Des flaques d’eau, des stores baissées, des nuages éparses dans le ciel, quelques chiens errants mouillés qui s’abritent sous un toit de tôle, une vraie atmosphère d’automne à l’anglaise.


Pas le choix il me faut sortir pour trouver de quoi me substanter sans trop me tremper. Coup de chance la pluie vient de s’arrêter. Après quelques minutes de marche j’aperçois, juste après le pont, protégé par un parasol, un petit barbecue d’où s’élève une fumée de grillade. De loin j’entrevois la lumière des braises qui rougeoie et le jaune pâle de l’ampoule de l’échoppe. Tout cela ne paye pas de mine. Mais mon odorat n’est pas du même avis.


Cela sent bon la grillade au charbon de bois. Plus je me rapproche plus j’ai faim. Sur le barbecue il ne se trouve que quelques brochettes de poissons maintenue pour la cuisson par une pique en bois les traversant de la gueule à leur extrémité et rien d’autre ; ni assaisonnement ni condiments superflus. La peau est entaillée pour faciliter la cuisson, elle est grillée. A travers l’éclat projeté par les braises rougeoyantes je peux voir le gras du poisson se dégorger. La chaire quant à elle est blanche et semble ferme. Le fumet qui s’en dégage me met l’eau à la bouche.


Je craque, je commande une brochette. Elle m’est servie en mode local, c’est-à-dire dans un sac plastique. Je n’avais pas réfléchi à ce détail technique. Heureusement la vendeuse vient à mon secours et me propose deux pics en bois pour manger mon poisson. Par contre je n’ai ni table, ni chaise et il pleuviote. Que m’importe, comme un chat je pose mon poisson sur une caillou et accroupis le dépiaute avec les pics à bois, les doigts, bref tout ce que j’ai à ma disposition. La chaire est douce, chaude et fondante dans la bouche. La peau est craquante sous la dent. L’ensemble est divin.


L’image pour le chaland devait être trompeuse ; un homme accroupi au pied d’un lampadaire, sous le crachin du soir, en train de dévorer dans la pénombre une brochette de poisson posée à même le rocher. Le tableau était peut-être insolite, mais c’est la meilleure brochette que j’ai mangée depuis que je voyage.

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