Le bus...


Chiang Rai 17 juillet 2026 ::
Petit, gros, bringue-ballant, de luxe ou standard, avec ou sans clim, décoré ou pas, neuf ou vieux, j’adore le prendre. A peine je monte dedans et prends le temps de m’asseoir que déjà je suis en apesanteur. Le bus à effet de lévitation pour moi. Une fois que je suis dedans j’ai l’impression de flotter dans une autre réalité, une réalité ou rien n’a prise. Me voici comme un nuage qui se laisser porter par le vent et qui contemple la terre. De ce nuage j’observe mes contemporains, j’observe la société, la nature, le monde. Rien ne semble pouvoir m’atteindre. Je me laisse porter. Toutes les contingences matérielles, physiques me semblent loin de moi. Quelle est douce cette sensation de flottaison.
Me voici dans mon monde, dans mon univers, totalement détaché des sujétions contemporaines. Qu’il est agréable cet univers tout léger tout modelable. J’adore me laisser porter sans attente juste au mouvement du bus. Une fois dedans plus aucunes questions ne se posent, je suis en chemin. Peu importe où je vais, peu importe l’état de la route, peu importe où le bus s’arrête, les choses sont simples, faciles. Il n’y a qu’une direction à prendre et puis se laisser aller. Il y a presque quelque chose de l’ordre de la foi : en rentrant dans un bus c’est comme si j’abandonnais toute la lourdeur ambiante et laissais sur le bas côté tous les tracas quotidiens pour finalement m’en remettre complètement à ce bus qui est devenu mon phare dans la nuit !



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