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La Chine : du mythe à la réalité...

Photo du rédacteur: L'Api Curieux
L'Api Curieux
29 août
5 min de lecture

J’en avais entendu parler via Max, un ami qui s’y était rendu en 2017 et qui m’avait vivement encouragé à m’y rendre. J’avoue que j’avais quelques réticences ; le contrôle, la foule, la saleté, le tout informatique. Bref plein de préjugés mais aussi quelques éléments de vérité.

Finalement j’ai sauté le grand pas et me voici en Chine dans la province du Yunnan. Plusieurs raisons m’ont poussées à m’y rendre ; la curiosité et l’envie de rencontrer une culture unique riche de plus de 2000 ans d’histoire, l’envie de dépasser mes préjugés et de me confronter à la réalité, le miel et bien sur le thé.


Je ne pouvais concevoir aller en Asie pour rencontrer le monde du thé sans faire une halte en Chine. J’avoue ne pas avoir été déçu.


Avant de rencontrer toutes les merveilles chinoises il m’a quand même fallu dépasser quelques-uns de mes aprioris.


La première étape pour se rendre en Chine c’est anticiper les problèmes informatiques. A l’heure du XXI siècle les applications informatiques et le téléphone portable, que l’on le déplore ou pas, sont devenus quasiment indispensables en voyage. L’usage en est assez facile dans la plupart des pays, mais, il y a toujours un mais, pour la Chine c’est différent.

Pays indépendant et autonome la Chine s’est lancée à marche forcée dès les années quatre-vingt-dix dans une modernisation accélérée et a décidé en parallèle de se prémunir de toute ingérence extérieure en construisant un système informatique totalement indépendant, autonome et inaccessible aux opérateurs étrangers. Autrement dit tous les services informatiques dont sont dépendants les européens et qui ont été imposés sur le marché par les américains sont inutilisables en Chine et bloqués par leur « super pare-feu ». Il ne s’agit pas d’un mythe mais bien d’une réalité. Adieu google, messagerie, réseaux sociaux, moteurs de recherche. Bref en arrivant en Chine si on n’a pas anticipé aucun des outils utilisés sur le reste de la planète ne fonctionnent. On se retrouve donc dans l’incapacité de louer une chambre d’hôtel, de se repérer sur une carte, d’échanger avec l’Europe. Très vite cela peut se révéler handicapant. Il existe bien sur des solutions ; acheter une carte esim à l’avance et/ou se munir d’un « VPN » pour contourner le pare-feu Chinois.

On peut critiquer l’attitude chinois mais malheureusement les derniers évènements internationaux et le comportement des États-Unis montre bien que l’Europe est complètement dépendante des États-Unis. D’un simple bouton ce pays peut bloquer la défense européenne, bannir du système international de paiement un procureur international de justice, et bien sûr mettre hors d’état de fonctionner tous nos systèmes informatiques. Il y a de quoi s’inquiéter, peut-être que les Chinois ont été visionnaires.

 

L’autre sujet lié à l’informatique est le paiement. Avant de me rendre en Chine j’avais lu partout que l’on ne pouvait plus payer en Chine en monnaie papier et que tout se payait via le téléphone. Je trouvais cela complètement ahurissant. Cela m’a d’ailleurs valu quelques minutes de stress notamment pour installer de l’étranger le fameux logiciel Alipay et wechat. Opération finalement réussie après quelques essais infructueux.


Les deux applications fonctionnent très bien et permettent le paiement en ligne mais nécessitent de rentrer les coordonnées de sa carte bancaire ce qui a le don de m’inquiéter. En arrivant je croyais dur comme fer que la monnaie papier avait disparue, pourtant partout je voyais des banques. Je décidais donc de retirer de l’argent. A ma grande surprise j’ai pu payer en argent comptant partout. Un mythe venait de s’écrouler ; non la Chine n’est pas le pays du XXII siècle ou on ne peut plus utiliser de monnaie papier. On peut encore et toujours utiliser des pièces, des billets de banque. J’éprouvais donc un grand soulagement et pouvais sereinement envisager la suite de mon voyage.


La Chine c’est plus de 1,4 milliards de personnes, 22 provinces administrée la 23ème non administrée étant Taïwan, pour une superficie totale de 9,6 millions de Km², soit plus de 15 fois la France. Autant dire que la Chine est immense et concentre une très forte population dont le niveau de vie a fortement évolué ces dernières années et qui pratique le tourisme de masse. Alors pour la tranquillité c’est une gageure.


Je pensais en allant au Yunnan être au calme, c’était méconnaître la soif de tourisme de masse des chinois. Toutes les villes au passé historique que j’ai visitées étaient pleines de touristes, essentiellement des chinois. Le tourisme de masse en Chine est quelque chose d’assez amusant. Les chinois n’ont pas beaucoup de vacances mais profitent dès qu’ils en ont l’opportunité de leur temps libre pour visiter leur pays. Souvent en famille ou entre amis ils considèrent le voyage plus comme une activité collective qu’individuelle.


Pour eux chanter tous ensemble dans la rue, se revêtir de costumes traditionnels, acheter les mêmes souvenirs dans les mêmes magasins, manger la même spécialité, se bousculer gaiement dans la rue fait partie de leur routine touristique. Le contact physique ne leur pose aucun problème, je crois même qu’ils y trouvent un certain plaisir. Alors pour quelqu’un comme moi qui n’aime pas la foule, les contacts physiques, être tranquille relève du challenge. Cependant les chinois ayant l’habitude du contact physique, ils arrivent à surfer avec et ce sans aucune agressivité et énervement à la différence de ce que je peux ressentir dans certaines zones d’affluences touristiques européennes.


Autre mythe, la Chine est un pays destructeur d’environnement, extrêmement pollué et sale. La réponse est bien plus nuancée que cela. Je ne peux donner un avis général n’étant allé que dans une province, mais une chose est sure, compte tenu du nombre de personnes au mètre carré dans les zones touristiques, la Chine est propre d’un point de vue gestion des déchets. Concernant l’environnement et la santé j’avoue avoir été surpris par la pédagogie chinoise. Partout des enseignes vous invitant à moins fumer, à faire du sport et à ne pas jeter les déchets.


Si l’on considère maintenant les toilettes c’est une autre histoire. Le côté très positif c’est qu’il y a des toilettes partout, celui plus négatif c’est que l’on retrouve rarement du savon et que les hommes semblent être pris d’incontinence généralisée. C’est juste incroyable de voir à quel point ils semblent incapables d’uriner correctement. L’autre côté désagréable c’est qu’ils fument tous dans les toilettes. Résultat quand vous allez uriner vous êtes au choix submergé par l’odeur d’urine – un conseil ayez des chaussure hautes et fermées – et par l’odeur nauséabonde de cigarette. Des fois vous avez un combo des deux. Bref allez aux toilettes se relève une aventure digne d’une randonnée en pleine mousson. La partie amusante c’est que les chinois sont très inventifs pour créer des phrases invitant ces messieurs à mieux uriner.


Concernant les rejets carbones liés aux véhicules motorisés la Chine a pris le problème à bras le corps : 99% des scooters sont électriques, 75% du parc automobile est électrique. Résultat beaucoup moins de bruit sur la route et un réel impact sur les rejets CO2. La Chine a clairement un train d’avance sur l’Europe.


Pour terminer sur les aprioris, même s’il est certain que ce pays est plein de contraste avec encore des zones extrêmement paupérisées, il est évident que la Chine ne fait pas partie des pays pauvres. C’est clairement une grande puissance ultra moderne, ultra connectée qui a déjà rattrapé l’Europe et qui est en train de la déplacer. La Chine d’il y a vingt ans que l’on pourrait assimiler au Vietnam d’aujourd’hui, c’est fini. C’est maintenant la Chine des grandes ambitions, du XXI siècle et certainement la prochaine puissance mondiale.



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