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Tous égaux, tous semblables

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 8 mars
  • 3 min de lecture

Souvent quand on part en voyage on a l’illusion que c’est mieux ailleurs. L’herbe a toujours l’air plus verte ailleurs. Dans mon voyage autour des abeilles j’ai rencontré de nombreuses personnes qui fuyaient l’Europe pour s’installer en Asie ; pour le prix – c’est sûr que quand on a vendu sa maison en Europe et que l’on part s’installer en Asie on devient localement très riche – pour le soleil, le sourire, la tranquillité, le calme, les liens sociaux et la nature. On y retrouve un peu de tout ça mais les choses ne sont pas aussi idéales. Il est vrai que les sociétés asiatiques sont plus collectives, les repas sont pris ensembles, les grands parents, parents et enfants vivent sous le même toit, l’heure de la sieste est sacrée, les normes de construction, de sécurité, d’environnement moins contraignantes, le travail moins stressant.


Mais tout cela à un prix ; l’absence de normes ou de contrôle des normes expose le citoyen à une part de risques beaucoup plus importante, l’absence de sécurité sociale oblige le citoyen a s'autogéré en cas de problème de santé ou d’absence de travail, la part importante de corruption empêche le développement de services efficaces et nuit à l’égalité de traitement entre citoyens, la verticalité des décisions fait que du jour au lendemain votre projet, votre maison peut disparaître si c’est pour des projets décidés de manière unilatérale par l’État. Le corollaire de tout ça c’est donc une société exposée à de plus forts risques ou la gestion de l’imprévue relève de l’individu et du groupement familial et où l’incertitude nuit à la projection et à la stabilité nécessaire au développement apaisé d’une société.


D’un point de vu de l’environnement le vert donne l’impression que tout est propre mais en fait dans les pays asiatiques que j’ai visités la pollution chimique liée aux pesticides, les rejets de métaux lourds et autres produits dans les eaux, la pratique récurrente du brûlage, l’usage de transports polluants à forte teneur en dioxyde de carbone, les résidus des déchets de la guerre, la monoculture, font à contrario de ce que l’on pourrait voir que l’état de santé environnemental de ces pays est plus dégradé que ce que l’on trouve en Europe. Les pays asiatiques que j’ai visités semblent beaucoup plus souffrir de la pollution que la vielle Europe, même si celle-ci est invisible.


Il y a je trouve quelque chose de très rassurant à se rendre compte que le monde est homogène quelque soit l’endroit où on est et que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Se rendre compte que le monde, au-delà des différences évidentes entre pays, possède dans le fond une certaine homogénéité dans ses problèmes permet de relativiser pas mal de choses. Au final, l’herbe n’étant pas plus verte ailleurs, charge à chacun là où il est de la rendre plus verte. Si les problèmes se partagent, les solutions aussi. Les grandes batailles environnementales sont les mêmes pour tout le monde même si elles ne se livrent pas à la même échelle. Et si jamais un pays ou un individu n’a pas la solution, d’autres pays ou individus ont la solution. La globalisation des problèmes c’est aussi la globalisation des solutions. Il est rassurant de se dire que d’autres pays ou individus ont penché sur les mêmes problèmes et y ont trouvé des solutions. Charge à nous maintenant de les adapter localement.



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