Taïwan et sa capitale, Taipei...
- L'Api Curieux

- 16 juin
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Dernière mise à jour : 16 juin

Taipei, le 19 mai 2026
Taïwan, je ne m’étais jamais vraiment intéressé à cette île. Je n’en connaissais juste que quelques brins d’histoire ; 1949 la chute et fuite de Chiang Kai Chek de Chine continentale devant l’avancée des communistes. Plus de deux millions de soldats, civils et militaires fuient la Chine continentale et viennent s’installer sur l’île de Taïwan qui avait été rétrocédée à la Chine continentale en 1945 suite à la fin de la colonisation japonaise (1885 – 1945). Il s’en suit pas loin de 40 ans de dictature pudiquement nommé ici les années blanches (1947 à 1987) qui se termina par la fin de la loi martiale et aboutira progressivement à un régime démocratique dont les premières élections libres auront lieu en 1996.
Je ne savais même pas le nom de sa capitale – Taipei – et le nombre d’habitants. En 1945 on estimait sa population a seulement 6 millions de personne, elle est aujourd’hui autour de 23 millions ce qui en fait le second pays avec la plus haute densité de population au mètre carré, de l’ordre de 688 individus au m² le tout pour une superficie de 36 000Km2, soit l’équivalent de la taille de la Belgique.
Impressionnant, 23 millions de personne sur une si petite surface exposée aux aléas du vent, de la mer, des tremblements de terre, des typhons et à la pression politique de son grand voisin qui la revendique ; la république populaire de Chine. Cela ne semble pas impressionner beaucoup de monde, mais moi oui. Comment tout cela tient, avec quelles ressources, quel avenir pour cette île ?
Au-delà des enjeux politiques, de la pression grandissante de son voisin, ce qui m’a le plus marqué, impressionné c’est la vulnérabilité aux aléas. C’est le premier pays où j’ai ressenti une telle force de la nature, pression de cette dernière. Quand je suis arrivé à Taïwan j’ai été saisi par la densité de population et le nombre impressionnant de constructions et infrastructures. Voir des bâtiments construits sur plusieurs niveaux, des ponts suspendus, des routes à étage, des sous-sols sur plus de trois niveaux, des parkings surélevés, rien de plus naturel. Mais par contre ce qui m’a le plus frappé, c’est l’état des bâtiments. Dans mon imaginaire Taïwan c’était l’île par excellence hyper moderne et très propre. Oui c’est propre, mais s’il y a bien une chose que la propreté n’efface pas, ce sont les affres du temps. Or en y regardant de plus près, les stigmates du temps sont à l’œuvre partout.
Taïwan a connu un premier boom de la construction dans les années 70, puis dans les années 90, et enfin aujourd’hui. Les bâtiments, aussi modernes soient-ils, subissent quand même de plein fouet le contexte climatique de l’île. Ce qu’il apparaît c’est que partout les bâtiments présentent des traces extérieures d’humidité se matérialisant à travers des tâches noires, grises voir vertes. En fait très vite quand on s’enfonce dans la jungle, dans la montagne ce qui m’a sauté aux yeux c’est la fragilité du bâti et de l’homme. La nature et au travers d’elle, la jungle, est extrêmement présente et me semble tellement forte, voir indomptable.
La jungle et la forêt sont partout ; du vert, des fougères, des arbres entortillés, des arbres de haut jet, des arbustes, des fruitiers. Le moindre espace laissé à l’abandon est reconquis à une vitesse incroyable. Ici il ne pleut pas loin de 2700mm de pluie par an et le taux d’humidité dans l’air est dans l’immense majorité de l’année supérieur à 80%.
En fait j’ai le sentiment que cette île elle ne fait que tolérer l’homme et pourrait le broyer quand elle le veut d’un simple coup de vent. Quand je regarde le lit des rivières, les zones de tremblements de terre, les routes éventrées, je ne peux que constater la force de la nature. Heureusement je n’ai pas connu de typhon, mais pas besoin de ça pour se rendre compte de la puissance des éléments. Dans ce contexte je suis quand même admiratif du nombre d’humains habitant cette île, même si pour moi cela n’est que temporaire. L’être humain a beau être plein de ressources, d’imagination, fasse aux éléments les plus extrêmes je me demande comment il peut résister. La nature a toujours eu raison de l’hubris.



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