Rencontre avec Terra Renaissance
- L'Api Curieux

- 12 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 févr.

Terra Renaissance est une structure que j’ai trouvée via Internet et qui a pour mission d’accompagner les fermiers locaux défavorisés ainsi que ceux victimes des mines et bombes à travers deux volets ; la formation et sensibilisation des scolaires aux dangers des mines et la formation à une apiculture durable.
Le centre de formation apicole de Phontsavan a vu le jour en 2019 grâce au financement de ce projet par le gouvernement japonais principal donateur. La structure contient un laboratoire, un espace de mise en pot, un atelier de déshumidification du miel permettant de réduire l’humidité à 20%, un espace de stockage de matériel et un espace dédié à la création de matériel.
Le programme concernant l’apiculture s’étend sur cinq ans et fonctionne par projet. L’objectif est de former les apiculteurs à la création et gestion de ruches. L’idée est d’installer des ruches proches des habitations des fermiers, hors zone de bombes résiduelles pour que ceux-ci puissent exercer le métier d’apiculteur sans risque et dans une perspective de gestion durable des abeilles. Ils forment une quarantaine d’apiculteurs par an. Dans leur juridiction ils s’occupent approximativement de plus de 300 apiculteurs.
La particularité du programme porté par Terra Renaissance est qu’il vise à doter les fermiers de ruche type japonaise. Ça a été une découverte pour moi. En effet, partant du principe que tout comme au japon les abeilles cibles sont l’Apis Cerena (Cerena Indica), le programme vise à adapter les ruches japonaises au Laos et à accompagner les apiculteurs dans le processus de mise en pot et de valorisation du miel local. Pour ce faire ils sont accompagnés par un expert japonais ; Soudai. Ce jeune apiculteur est déjà plein d’expérience et a effectué plusieurs tests avec les ruches japonaises adaptées au Laos.
L’association a donc formé les fermiers à la création de ruches japonaises et le suivi des ruches, charge aux fermiers de construire les ruches. L’association rend visite aux fermiers une fois par mois pour s’assurer de la bonne gestion des ruches. Les ruches japonaises ressemblent un peu aux ruches de type warré. Elles sont rectangulaires et sont composées de plusieurs éléments. Ceux-ci sont rajoutés progressivement en fonction du développement de l’essaim. Le miel est donc récolté dans l’élément du haut. Afin que les rayons de cire ne s’effondrent pas des croisillons en bois traversant les éléments de bois en leur milieu sont fixés. Les éléments de ruche sont couverts par trois tasseaux de bois qui serviront de support de construction des rayons de cire. Mais du fait de la largeur de ces tasseaux, les abeilles construisent leurs rayons non pas dans la longueur mais plutôt dans la largeur de ces tasseaux. Cela rend plus difficile la récolte de miel et rend difficile des manipulations de cadre.
La récolte se fait entre une et deux fois par an (mai et/ou décembre). La quantité maximum récoltée est de 10kg par an. S’agissant de l’Apis Cerena les apiculteurs travaillent localement sans enfumage. Selon Soudai, cela fait fuir les abeilles.
Il a adapté les ruches japonaises aux ruches laotiennes en tenant compte de la taille des Apis Cerena du Laos pour l’espacement entre tasseaux. L’autre technique locale pour éviter de se faire piquer est de se badigeonner les mains et les membres de citronnelle. L’odeur est censée éloigner les abeilles.
L’objectif le plus important à mon sens est de faire le lien entre les ruches locales et de type japonaise. Comment prélever les rayons des ruches traditionnelles pour pouvoir les mettre dans les ruches japonaises sans casser et détruire le couvain. Soudai est en chemin. Il a déjà pensé à poser des petits tasseaux à l’intérieur des éléments sur lesquels seraient posés des tasseaux en bois distant de 3cm entre le centre de chacun d’entre eux. De cette manière les rayons seraient construits dans la longueur du tasseau ce qui permettrait plus facilement des manipulations. Afin d’éviter des destructions de rayons, leur attache au tasseau pourrait être renforcée par une simple lanière de bambou.
Au cours de notre visite nous avons pu rencontrer cinq apiculteurs. Chacun disposait de deux ruches minimums. Certaines ruches étaient occupées d’autres pas. Les ruches étaient bien suivies et construites par les fermiers. Preuve qu’ils ont bien intégré les procédures de gestion de ces ruches. La surprise au cours de cette visite fut de constater la capacité imaginative des apiculteurs. Ainsi l’un des bénéficiaires du projet avait décidé de protéger ses ruches du soleil et de la pluie par un parapluie. En plus d’être esthétique et de donner un caractère poétique à sa ruche, j’ai trouvé cette prise d’initiative associant imagination et pragmatisme tout à fait pertinente et bienvenue.













































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