Rencontre avec le Docteur Pham Hong Thai
- L'Api Curieux

- 2 avr.
- 2 min de lecture
Arrivé à Hanoï je n’avais visité que cinq apiculteurs au Vietnam ; deux sur l’île de Phu quoc, un à Dalat et deux à Bao Loc. Le docteur Thai (dont j'avais eu les coordonnées grâce à Eric) m'avait déjà aidé et c'était la personne ressource que je souhaitais vraiment rencontrer au Vietnam.
Dès que je suis rentré en relation avec le docteur Pham Hong Thai directeur du Research Centre for Tropical Bees and Beekeeping il a tout de suite été très accompagnant et accueillant. Je tiens à le remercier pour son accueil chaleureux et enthousiaste, nos échanges constructifs et sa gentillesse. C’est un homme passionnant et passionné. Initialement formé en Hollande il est rentré au Vietnam où il a effectué une thèse sur l’apiculture puis a travaillé dans un centre de recherche privé sur le venin d’abeille pour ensuite rejoindre l’université et devenir enseignant universitaire dans le domaine apicole. Aujourd’hui il est le directeur du centre de recherche qui est situé à côté de la faculté d’agronomie et qui est une structure gouvernementale. Ses projets bénéficient de subventionnement universitaire et privé. Tous les ans il forme pendant trois mois les fermiers souhaitant devenir apiculteurs (Apis Mellifera).
Le centre de recherche (trungtamong.vnua.edu.vn/) est spécialisé dans la recherche concernant les abeilles mellifères mais ils produisent aussi d’autres articles sur le abeilles endémiques (Apis Dorsata, Laboriosa, Cerena). Il possède presque toutes les souches d’abeilles mellifères européennes (caucasienne, italienne, etc…). Une des recherches clés consiste à sélectionner des reines capables de résister naturellement et sans produits chimiques au tropilealaps, une mite parasite qui a été transférée de l’Apis Dorsata à l’Apis Mellifera et qui l’affecte profondément. Cette mite tout comme le Varroa se fixe sur les larves avant operculation de leurs cellules et a pour particularité de se nourrir exclusivement des larves et des nymphes et a une reproduction extrêmement rapide avec une ponte toutes les vingt-quatre heures. Une fois affecté la dynamique de la ruche est fortement impactée avec à moyen terme le risque de sa mort (on estime à 50 pour cent la part du couvain impacté, autrement dit la ruche va être extrêmement fragilisée et ne pourra pas probablement se maintenir). Bref c’est le futur défi qui attend l’apiculture européenne. Le docteur Thai m’a expliqué avoir réussi à sélectionner des reines qui naturellement présentent des capacités de défense accrue face au varroa. Cela serait une sacrée découverte pour le futur.
Sur site j’ai pu découvrir plus d’une centaine de ruche dont l’objectif est principalement la recherche. Ils ne tuent donc pas les reines. Certaines ruches sont suivies de manière très stricte via capteurs thermiques, caméras et hygrométrie, notamment dans le cadre de la sélection des reines présentant des profils résistants au tropilaelaps. Ainsi en temps réel ils connaissent le nombre d’abeille sur la planche d’envol, la température dans la ruche et son degré d’humidité.
Ce centre de recherche est situé idéalement ; en périphérie de Hanoi il est entouré d’espaces boisés, de fleurs en tout genre. Le lieu idéal pour le développement et le suivi des ruches et le partage de connaissances !





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