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Le charme secret de Fukushima

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 27 mai
  • 2 min de lecture

Préfecture de Fukushima, 28 avril 2026


De Fukushima les gens n’ont retenu que la catastrophe nucléaire suite au tremblement de terre et tsunami de 2011, évènement il est vrai ultra traumatisant de cette décennie. Alors quand j’y suis allé la première question qui m’a été posée a été celle des radiations.


De taille humaine, la préfecture de Fukushima semble légèrement abandonnée. Le jour de notre arrivée il pleuvait. Le gris et l’humidité suintait de partout, et pourtant derrière ce gris se dégageait une certaine joie et une forme d’exubérance.



Même si une partie de la population a le jour de la catastrophe fui les alentours de Fukushima, au sein même de la préfecture la vie semble reprendre le dessus. Le soir les ruelles que nous trouvions peu animées se sont éveillées. Les lanternes allumées, les porches et entrées couverts de graphes donnent à cette ville un second souffle d’où émane une note de nostalgie et ou l’art semble prendre le pas sur la catastrophe et baigner une partie de la ville. Sous la pluie, dans ces ruelles étroites bordées d’izakayas, un état d’esprit particulier émane. L’esprit des samouraïs semble infuser.



Fukushima est également entourée de nature. Au nord le parc Shinobuyama rempli de petits temples nous a offert au petit matin un beau cadeau ; alors que nous marchions à côté du cimetière, moment magique, nous avons assisté à un double essaimage. Le premier concernait un départ d’une ruche traditionnelle, apis cerena, le second concernait une arrivée dans une ruche traditionnelle. A notre étonnement, devant la ruche ayant accueilli l’essaim se tenait un plant d’orchidées « Cymbidium floribundum » servant d’attractif.



Fukushima c’était également l’occasion pour nous de rencontrer nos premiers apiculteurs ; Malik et Kimoto, éleveurs d’apis cerean japonica dans une démarche durable. Nous avons pu les rencontrer grâce à l’aide de Soudaï apiculteur japonais que j’avais croisé au Laos. Leur rucher se trouvait près de chez eux à Okinashima à la lisière de la forêt et des cerisiers et des sources d’eau chaude, une zone aujourd’hui en déshérence mais très charmante et avec un fort potentiel de nature. Ils disposent en tout d’une dizaine de ruches, mais très peu de ruches ont résisté à l’hiver.



La rencontre a été formidable. C’est la première fois que des personnes nous accueillaient au Japon. Ils ont eu la gentillesse de nous présenter leur lieu de vie, de nous faire découvrir les ressources naturelles liées à leur environnement (pousse de renouée du japon et autres plantes locales que Kimoto a eu la gentillesse de préparer) et nous ont présenté leurs diverses ruches et méthodes pour récupérer des essaims sauvages. Echanger avec eux nous a permis de comprendre un peu mieux le fonctionnement de l’apiculture au japon et des contraintes qui y sont liées (sur représentation de l’apis Mellifera par rapport à l’apis Cerena dans l’apiculture de production). La bonne surprise a été de constater que pour contrôler l’intérieur des ruches ils utilisent une micro caméra voiture. Peut être une technique à exploiter en France.

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