Les toilettes modernes
- L'Api Curieux

- 1 avr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 avr.

Hanoi c’est une très grande ville, 14 millions d’habitants aux influences multiples ; chinoises, françaises et japonaises. Cela se retrouve dans l’architecture, les arts culinaires et la technologie !
Figurez que c’est là que j’ai été confronté à un vrai problème ; les toilettes japonaises. Je m’explique. Quand je suis arrivé dans mon hôtel le lit était confortable, la dame accueillante, l’extérieur un peu mais pas trop bruyant bref le tableau quasi parfait. Tout s’annonçait sous de beaux auspices jusqu’à ce que je voie les toilettes. La salle de bain était composée d’une cabine baignoire et de toilettes japonaises !
Passé ma stupéfaction, imaginez ma grande angoisse moi l’homme ultramoderne face à ce choc de la modernité. Il y a des boutons partout, pour les fesses, pour le devant, pour l’arrière, pour le séchage et même je crois le chauffage. On peut contrôler le volume, le débit, la direction (avant/arrière). Adieu douchette extrêmement pratique pour se nettoyer le derrière après avoir fait son office. En arrivant au Vietnam et en Asie du Sud j’avais déjà fait un grand saut dans la technologie avec la douchette (en Inde c’était un sceau d’eau et la main gauche), mais alors à Hanoï j’ai fait un bon dans le temps.
Revenons à cette toilette. La base est la même partout il faut s’asseoir et faire son affaire. Pas de soucis mais vu la dimension de la cuvette vous avez intérêt à ne pas être bien gros. Reste ensuite à se nettoyer. C’est là que le bât blesse. Comment les boutons fonctionnent-ils ? Sur quel bouton faut-il appuyer ? Est-ce que je ne risque pas d’en mettre partout ? Que se passe t’il si l’eau ne s’arrête pas de couler ? Comment je règle le débit du jet ? Bref tout un tas de questions qui peuvent déclencher de fortes angoisses.
Saisie de panique, je me voyais mal réaliser mon affaire sans avoir testé les boutons. Et voilà que je suis incapable de faire fonctionner les boutons. Une fois, deux fois, trois fois, rien ne fonctionne. Heureusement ma logeuse n’était pas très loin, je décidais donc sine qua non de repousser mon affaire à un temps plus sûr et partis dare-dare quérir ma logeuse. Celle-ci s’en vint à ma rescousse, mon angoisse diminua donc d’un cran, mais remonta quelques minutes plus tard devant l’incapacité de ma logeuse à faire fonctionner les boutons. L’affaire devenait urgente et je me voyais mal la repousser dans le temps. Heureusement après avoir débranché l’appareil celui-ci sembla refonctionner correctement. Je ne retiens donc qu’un seul bouton à utiliser.
Quand je me mis à mon affaire l’angoisse était toujours là. Alors que j’attendais le jet, celui-ci semblait toujours tarder. Une deuxième pression sur le bouton et la délivrance arriva ; derrière moi un petit tuyau se dressa et balança fortement un jet d’eau pile dans le mile si je puis le dire ainsi. Un archer visant le centre de sa cible n’aurait pas mieux fait.
Par magie le jet étant bien dirigé il n’arrosa pas toutes les toilettes mais resta cantonné à l’endroit approprié. Passé quelques minutes je me dis que j’allais rester bloqué sur cette cuvette pendant un sacré moment et que mes muqueuses à terme risquaient de se trouver meurtries par un tel traitement.
Heureusement le temps a raison de tout et même de ce tuyau qui après avoir fait un mouvement de rotation, un petit peu comme un tour d’honneur après une performance accomplie, se replia docilement sur lui-même et par la même occasion me délivra d’un grand stress.
Affaire accomplie !




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