Les Onsens un art de vivre
- L'Api Curieux

- 27 mai
- 3 min de lecture

Il faut les avoir essayés pour comprendre de quoi il s’agit. Les Onsens ce sont les bains d’eau chaude que l’on trouve au Japon. Ils sont publics ou privés mais on tous en commun le partage d’un certain nombre de règles et surtout d’être abreuvés par des sources d’eau chaude naturelles chargées en minéraux. Aller aux Onsens fait partis d’un art de vivre au Japon. C’est le lieu par excellence de ressourcement après une rude semaine de travail ou une randonnée. On en trouve partout au Japon. La particularité de ces bains c’est que l’on s’y baigne nu après s’être vigoureusement nettoyé à l’aide d’une douchette sur un petit tabouret ou directement à partir d’une louche d’eau qui sera prélevée dans le Onsen. On y va en famille, entre amis ou seul. Ils sont soit en plein air soit à l’intérieur. Les bains masculins et féminins sont séparés. Ce sont des moments privilégiés pendant lesquelles la chaleur de l’eau permet de délasser et d’ouvrir les pores de la peau, d’assouplir et d’alléger les muscles du dos et des jambes, de reposer le corps et l’âme. Une petite serviette posée sur la tête permet de maintenir la tête à une température froide et aussi est utilisée pour cacher son intimité lors des déplacements dans les onsens ainsi que pour se frictionner le corps.

L’usage des Onsens remonte à plusieurs siècles. Chaque Onsen possède sa propre énergie et charme. Se baigner au clair de lune dans une lumière tamisée, la tête dans les étoiles et le reste du corps au chaud, rien de plus merveilleux. L’expérience est encore plus réjouissante quand la température extérieure est minimale. Au cours de ce voyage au Japon j’ai pu découvrir plusieurs types d’Onsens public et privé. Deux m’ont marqué ; l’onsen Sabakoyu situé à Lizaka (banlieue de Fukushima) et l’Iroha onsen de Niseko (Hokkaido)
Le premier, public, l’onsen le plus vieux dans lequel je suis allé était aussi le plus imposant en termes de spiritualité, d’atmosphère et en beauté du bâti. Matsu Basho le fameux poète d’Haiku de l’ère Edo aurait écrit à ce sujet « à l’ouest Beppu ; à l’est Lizaka ». Par ce poème il a encensé le Sabakoyu onsen. Son eau sort à plus de 47 degrés et contiendrait du radion, ce qui lui donnerait des propriétés particulières. Ce bain public est situé dans une vielle bâtisse en bois qui respire l’histoire et dont on a l’impression qu’elle n’a pas évolué depuis plus de trois siècles. A l’intérieur un seul petit bassin qui fume, une petite salle pour se changer. Il n’y a pas de douche, on se nettoie directement à même avec l’eau prélevée du bassin. Elle est brûlante. Une fois assis on peut contempler les plafonds, les huisseries en bois et les fenêtres traditionnelles. Des lanternes en papier de riz, une lumière jaune chaleureuse achève de donner à ce lieu une atmosphère si paisible et propice à la rêverie. De temps en temps le préposé à l’accueil vient presque en catimini vérifier la température du bain. 47 degrés, ce sont les bains les plus chauds dans lesquels je suis allé. Le corps met du temps à s’y habituer mais c’est un régal en matière de détente.
Le second Onsen qui m’a le plus marqué était privé. L’atmosphère était totalement différente. Il était rattaché à un hôtel de Niseko, station alpine assez prisée, mais heureusement en ce début du mois de mai quasiment vide. Le temps maussade, pluvieux, gris, brumeux qui nous as accompagné pour rejoindre l’hôtel semblait tout droit sorti d’un vieux film policier en noir et blanc. A notre arrivée un maître d’hôtel nous a accueilli et nous a accompagné pour prendre notre ticket. Le bain était composé de deux bassins, un interne et l’autre externe. La lumière tamisée donnait un aspect doux au lieu. Mais le moment magique a été quand nous sommes sortis dans le bassin extérieur. Ce second bassin, en pierre, situé entre des pins à flanc de la colline semblait avoir été là juste pour nous accueillir. Quelques lanternes le bordaient, mais le plus remarquable résidait dans son environnement naturel. Assis dans l’eau, les branches d’arbres des pins semblaient nous offrir un écrin de protection. Elles s’élançaient suffisamment hautes pour donner cette sensation de cocon mais sans obstruer notre vue. La pluie tombait doucement sur nous nous permettant ainsi de nous rafraîchir en haut alors que notre corps restait au chaud. En contrebas on pouvait entendre un ruisseau glisser lentement de la montagne. Au loin on pouvait apercevoir les collines environnantes et dans le ciel quelques étoiles sortaient de l’ombre pour nous guider.



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