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Le thé Cambodgien de la réalité au mythe

Photo du rédacteur: L'Api Curieux
L'Api Curieux
14 févr.
2 min de lecture

J’étais venu pour lui. J’avais trouvé dans plusieurs magasins, sur internet et localement dans certaines échoppes la promotion du fameux thé cambodgien. J’avais eu même l’occasion d’en boire dans certains cafés. Ce thé est plus que fameux, c’est presque un mythe tellement il est rare.


Sur les papiers c’était écrit qu’il se trouvait à Mondolkiri dans l’est du Cambodge proche de la frontière du Vietnam. Mondolkiri c’est la partie montagneuse du Cambodge. On y trouve du café (Robusta), du poivre, des ethnies et normalement du thé. Qui dit café dit souvent thé. Les deux se trouvent à une altitude minimale, sur des terrains souvent proches. Ils demandent beaucoup d’eau, de l’humidité et de la chaleur. Mondolkiri, le lieu idéal, je devais alors avoir toutes mes chances.


C’est le cœur ouvert que j’y suis allé, mais plus je m’approchais de mon but plus il semblait se dérober à moi. A chaque fois que je demandais dans un café d’où exactement le thé venait j’avais des réponses évasives. Et pourtant sur Phnom Penh il y avait une marque qui affichait outrageusement qu’elle vendait du thé en provenance de Mondolkiri.


Sur place j’ai donc mené mon enquête. Mon hébergeur, très honnête, a dès le départ tempéré mes ardeurs en m’expliquant qu’il s’agissait d’une supercherie et qu’il n’y avait pas de thé cambodgien au Cambodge. Je voulais quand même en savoir plus. Il était écrit dans plusieurs textes que les Français avaient essayé d’implanter du thé au Cambodge, peut-être en restait-il quelques traces.



Alors je mis en quête de ces fameux jardins de thé et finalement un jour je les trouvais, enfin je croyais. A force de chercher, sur la route qui mène aux cascades de Bousra, j’ai trouvé un café ferme qui se revendiquait cueilleur de thé, il s’agissait du café « Chomkatea Mondolkiri ». Vous noterez bien le jeu de mot Chomka tea. J’étais donc plein d’attentes.



En arrivant, accueilli par une énorme statue d’une théière et par une vingtaine de plants de thé, je me suis senti submergé par l’espoir, j’avais enfin trouvé les jardins de thé. Espoir malheureusement vite douché quand je suis rentré dans le café. Là il vendait bien du thé de Mondolkiri, j’ai donc insisté pour visiter les jardins de thé et c’est là que le gérant à fini par me dire que le thé venait en fait de Vietnam et était préparé au Cambodge. Tout cela n’était donc qu’une fumeuse tromperie.


O cruelle désillusion, j’étais donc mis devant le fait accompli. Quoi qu’on en dise, il n’y a pas de thé cambodgien, cela relève du Mythe !



Mais grâce à ce mythe j’ai découvert le café, le poivre, des gibbons, des cueilleurs de miel et une région très authentique et très attachante. Comme quoi une expérience négative peut se transformer en expérience positive.

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