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Le sens...

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 12 juil.
  • 2 min de lecture


Ubud, le 21 juin 2026


Nous avons perdu le sens, c’est la phrase qui a émergé de ma rencontre avec un créateur d’un vêtement. Il ne s’agit pas du sens métaphysique mais bien du sens concret. Le ressenti du vêtement sur notre corps.


Un vêtement c’est une matière, une couleur, une forme et un ressenti. On a tendance à croire que nous choisissons le vêtement mais ça n’est pas que ça car le vêtement nous choisit également.


Au contact de notre peau le vêtement prend vit, il se transformes en seconde peau, les couleurs dont il est vêtu rentrent en harmonie avec notre corps, elles amplifient ou atténuent la couleur que notre corps porte et rentre en diapason ou pas avec notre énergie.


Le vêtement te choisit. Ça n’est qu’à même le contact de la peau nue qu’un vêtement s’exprime pleinement. Au moment où j’ai enfilé ma chemise bleue, je l’ai choisie comme elle m’a choisie. Son toucher, sa couleur, son port, sa matière, sa coupe, c’était une évidence. A son contact contre ma peau, c’est celle-là me suis-je exprimé. J’ai su qu’elle était faite pour moi, je l’ai donc acheté.


C’est là qu’est intervenu le créateur de vêtement qui m’a dit : « vous possédez encore le sens du vêtement. Cela vous a été inculqué dans votre jeunesse et fait qu’aujourd’hui vous êtes à l’écoute de ces sens ».

En poursuivant notre discussion nous avons dérivé sur le port de textile « plastique ». Je m’étonne régulièrement en Asie de voir des gens porter fièrement des vêtements plastiques ; brassières, cyclistes, leggins et autres vêtements du même acabit ne respirant pas, mauvais pour la peau et la santé et surtout pas du tout adapté au climat asiatique.


Le créateur m’a juste expliqué qu’ils avaient perdu le sens. Le sens des choses, du toucher, de la couleur. Il me comptait que de par son expérience il voyait de plus en plus de personnes qui avaient perdu leur sens ce qui expliquait leur tolérance à porter des habits nocifs pour la santé, mais cela va plus loin ; cela explique aussi le goût de la mauvaise nourriture, l’incapacité à apprécier des saveurs exotiques, la peur ou la phobie devant des mets aux saveurs fortes, la peur de marcher dans le noir, la peur devant des bruits naturels, on pourrait même aller plus loin et se poser la question de l’accueil du toucher et du rapport au corps dans ce qu’il est et non pas dans ce qu’il devrait être.


Nos sens sont multiples et certainement plus vastes que les six sens reconnus mais le mode de vie occidental et le système de société de consommation n’arrêtent pas d’y porter atteintes et de les restreindre, charge à nous de s’éveiller et de remobiliser nos sens pour apprécier toute la richesse de ce qui nous entoure dans toute sa diversité et complexité.

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