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La vague !

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 12 juil.
  • 2 min de lecture


Lembongan, le 4 Juillet 2026,


Je suis assis sur un rocher face à la mer soleil couchant. J’entends le fracas lointain des vagues contre les rochers. L’eau est d’un bleu turquoise moucheté de blanc, la houle est belle, l’horizon dégagée. Je suis assis à plus de quatre mètres de haut et domine une sorte de remblais rocheux et l’océan. Enfin c’est ce que je croyais.



Je croyais que je dominais l’océan, mais c’est oublier que ce dernier n’a ni dieu ni maître. Parfois calme et timide, d’autres fois capricieux et sournois, de temps en temps colérique et impétueux, il obéit à ses propres lois, désirs et envies. Et si vous l’oubliez, ne vous inquiétez pas, il saura se rappeler à vous.


J’étais donc assis dans l’espoir de faire quelques belles photos quand soudain, sans prévenir, la forme de la houle changea, passa d’un à deux puis trois mètres et je cessais de compter. Ce qui ressemblait à un chien joyeux se transforma en monstre à la mâchoire d’acier. Je la vis arriver doucement mais sûrement sur moi, la gueule béante, les crocs prêts à frapper, rien ne semblait pouvoir l’arrêter.



J’étais figé, l’appareil photo prêt à en découdre, comme hypnotisé par cette gueule bleu acier qui ne cessait de grossir. Bientôt je pus la contempler au plus près. Du haut de mes quatre mètres je me sentais en sécurité, et pourtant tout d’un coup, perché au-dessus de ma tête, comme juste avant de mordre, je pus la contempler dans toute sa beauté, son bleu turquoise limpide brillait comme un cristal de roche. Vu du bas j’avais l’impression d’avoir en face de moi avec les détails les plus microscopiques une myriade de photos de lagons aux couleurs différentes. Je sentais au plus profond de moi la puissance et force de cette vaque marine. Le temps semblait arrêté, mais cela ne dura qu’une fraction de seconde. A peine avais je saisi mon appareil photo que le haut de la vague se transforma en gouttelettes blanches et s’abattit. Le fragile équilibre était rompu. J’eus à peine le temps d’avoir peur que je me retrouvais pris sous l’averse d’eau de la vague.


Même à plus de quatre mètres je m’étais retrouvé dominé par la vague. Celle-ci devait bien faire dans les six mètres. Moment magique, unique que j’ai pu capter avant d’être trempé. Moment dangereux aussi car je me suis laissé surprendre alors que je me pensais en sécurité du haut de mon promontoire.


Il faut savoir ne pas trop jouer avec la chance. Je battis donc en retraite pour continuer d’admirer le spectacle de la mer et de la houle se brisant sur les rochers mais à une distance respectable, content malgré tout d’avoir pu saisir dans cet instantané la beauté et la force de la mer à son couchant.

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