La petite Russie
- L'Api Curieux

- 18 mars
- 3 min de lecture

Je viens d’arriver à Nha Trang et j’ai comme une impression de déjà-vu. Le bord de mer, l’eau bleue, les gratte-ciels, les grandes allées, des espaces arborés et sportifs de plein air, des glaces, des plages avec des touristes au dos rougis par les coups de soleil, des jeux pour enfants, de la musique forte. Oui comme une impression de déjà vécu. Ça y est je sais ce que c’est ; c’est l’alphabet cyrillique. Partout où je vais c’est écrit en Russe et partout où je suis j’entends parler russe. Nha Trang est devenu le refuge des russes en exil. La ville s’est complètement adaptée à cette forte population, elle s’est même transformée pour pouvoir lui correspondre. Me voici même sollicité pendant quelques minutes en russe pour me vendre un parcours touristique. S’en suit une discussion en russe où on parle travaille, beau temps, climat et culture. Quelques mètres plus loin je fais la queue pour acheter des fruits. La vendeuse me prend pour un russe et s’adresse à moi dans cette langue. Nous voici donc partis à dialoguer et marchander en russe pour savoir à combien le kilos me sera vendu les mangues.
Tout cela m’amène quelques temps en arrière où comme le disait affectueusement une amie je visitais les pays en « stan ». Il faut dire que j’ai traversé et visité presque tous les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale qui étaient dans le giron de l’ex Union Soviétique. J’en ai visité des tours HLM communistes, des parcs, des cours d’eau, des montagnes. Au départ c’était dans le but d’aller toujours plus loin à l’Est pour découvrir de nouvelles contrées et cultures mais en gardant un lieu entre elles et surtout aller voir ce qui était différent dans ce monde toujours de plus en plus mondialisé. Ce lien c’était l’influence russe, sa langue, ses vestiges et aussi paradoxalement la religion.
De prime à bord cela peut-paraitre surprenant d’aller dans ces contrées ou la météo est rude, ou les bâtiments soviétiques plutôt lugubres sont légion, ou le gris domine et le sourire fait triste mine. C’est vrai, mais quand j’ai dépassé ces éléments de façade, je me suis rendu compte de la richesse de ces pays ou les gens sourient peu mais vous aident de bon cœur. Ils ont l’air bourru mais ils sont là présents en cas de problème et toujours prêt à vous accueillir. Et puis derrière ces façades austères se cache souvent un brin d’originalité et un humour au cordeau.
Les babouchkas ont le cœur sur la main. La danse et le folklore sont toujours présents dans les cœurs et les mœurs. Les hommes sont toujours prêts à porter le toast ; la vodka et le poisson séché font bons ménages. Quand ça n’est pas la Vodka, c’est le thé qui vous accueille ainsi que le lait de jument fermenté. Derrière chacun des pays que j’ai visités à l’Est de l’Europe occidentale ; Bulgarie, Roumanie, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie, Mongolie, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan se trouve une richesse culturelle, culinaire et environnementale qui ne m’a jamais déçu. Paradoxalement la culture russe est ce qui a permis de faire le lien et de créer le ciment entre tous ces pays. Avec la fin de l’union soviétique tous ces pays ont retrouvé une forme de liberté laissant à nouveau émerger leurs richesses cachées.
Alors quant à Nha Trang je me suis retrouvé dans cet environnement russe, je me suis senti comme à la maison, comme au temps où je parcourais les ex pays soviétiques et où je déambulais le long de la mer noire et où j’apprenais le russe. Ma période russe s’est terminée avec un apprentissage de russe à l’université de Tomsk pendant trois semaines.
Aujourd’hui j’y repense encore. J’avais pour projet de parler couramment russe. Le Covid et le conflit russo-ukrainien sont passés par là. J’espère qu’à l’avenir les temps se stabiliseront et me permettront de retourner à mes premiers amours et d’envisager d’approfondir la langue russe.



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