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Ha Tien (Vietnam proche de la frontière cambodgienne)

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 1 mars
  • 3 min de lecture

Je n’en n’attendais rien et ça a été une sacrée surprise. Je m’y suis arrêté un peu par flemme de passer la frontière directement en venant de Phu Quoc, un peu aussi car « Dédé » que j’avais rencontré sur l’île de Phu Quoc m’avait dit qu’il serait là et un peu par esprit de découverte.


Ha Tien sur le papier ça n’est qu’un poste de frontière qui pendant longtemps a subi les incursions Khmers (Cambodge), Siam (Thaïlande) et autres avant de se stabiliser sous la dynastie Nguyen à partir de la fin du VIII siècle. Son origine Khmer ne l’a pas empêché de subir les affres de Pol Pot qui revendique le contrôle du delta du Mekong (qui jusqu’au XVIII siècle fut sous contrôle Khmer) et qui eut pour conséquence plusieurs massacres de villageois.


Aujourd’hui Ha Tien c’est un port (zone de destination et d’arrivée pour Phu Quoc notamment) qui donne sur le golf de Thaïlande, alimenté par une mangrove appelée Dong Ho lac, elle-même alimentée par la rivière Giang Thanh. Ha Tien c’est donc à la fois une zone alluvionnaire, une zone de pêche, une zone de fret et de transport maritime et en arrière-plan une zone semi montagneuse.


Tout cela fait donc de Ha Tien une ville à taille humaine où il fait bon se promener. Les touristes n’étant que de passage on en trouve très peu en ville. Le centre de celui-ci s’articule autour du marché principal. Le poisson et les crustacés y sont rois. Outre les couteaux, les palourdes, les berniques, les moules, j’ai pu contempler des escargots que je ne connaissais pas notamment le « bailer Shell » ou volute en français.



Ce que je retiens de cette ville, c’est cette joyeuse animation si propre au Vietnam et surtout une atmosphère qui respire l’authenticité. Le marché aux poissons à lui tout seul mérite le détour. Ça bouge, ça remue, ça parle, ça mange, ça sent, c’est coloré, c’est humain, c’est vivant. Les étales sont légèrement surélevées, les glacières et bassines de poisson sont posées à même le sol.



A midi les marmites chantent, fument et dansent. Les yeux grands ouverts et les papilles dilates je me laisse submerger par l’envie. Devant moi un sauté de nouille au calamar et crevettes et aux légumes est en train d’être préparé. L’envie étant trop forte, je demande si je peux avoir un bol de cette préparation. La dame me le tend en souriant. C’est délicieux. Alors que je m’apprête à la payer elle me fait signe que non et là je me rencontre juste que cette marmite n’était pas destinée au grand public mais à la famille. Certainement un de mes meilleurs plats. Le marché de Ha Tien, c’est tout ça. En plus de la vie, il y a aussi de la générosité et de la joie.


 

Ha Tien ne se limite pas à son marché, il y a aussi sa vie nocturne et ses rues animées. Au hasard d’entre elles j’ai trouvé une très bonne brioche au chocolat et puis soudain le soir, après avoir retrouvé un copain de Millau, « Dédé », je me laisse submerger par le coucher de soleil. Il est splendide. Il se décline sur le canal, la mer, les rues du marché et les collines avoisinantes dans une palette de rose et d’orange de toutes les couleurs. On a l’impression qu’un peintre a jette sur sa toile un mélange de toute une palette de rose et d’orange tirant jusqu’au violet. Plus au loin quelques lampions rouges et bateaux colorés me rappellent que je suis au Vietnam, pays à la culture riche et aux influences multiples. Les gens sont attablés aux restaurants de quartiers dégustant soupes, phou bo, num bo, poissons grillés et autres nourritures.


Décidemment cette ville a un petit air de fête qui invite à y séjourner.




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