Un singe à Bayon
- L'Api Curieux

- 6 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 mars

Je suis pied à terre, ma bicyclette tenue à la main, le tout situé à côté du temple de Bayon à Angkor. A côté de moi des taxis, des touristes, des vendeurs ambulants et des singes. Je regarde ce micro cosmos interagir. Les singes sont petits, gris. Ils appartiennent à la famille des macaques crabiers. D’aspects inoffensifs ils sont pourtant dotes de très grandes dents.
J’étais donc là en train de les regarder, assis sur mon vélo muni d’un panier qui contenait une bouteille d’eau fermée. Un jeune garçon touriste occidental en compagnie d’un guide cambodgien donnait des bananes aux singes. Je trouve ça a la fois courageux et totalement stupide. Les singes ont peut-être l’air mignon mais ce sont des animaux sauvages, les nourrir peut les dénaturer et les rendre plus agressifs. La suite me prouva qu’en effet les nourrir entraîne un changement de comportement chez eux.
De fait alors que je regardais cette scène de film, en même pas une minute, un singe s’approcha derrière mon vélo, il monta sur sa scelle, passa devant moi, puis sans gêne se mit dans le panier attiré par ma bouteille d’eau. Son objectif étant clairement identifié il se mit dans l’idée de défaire le bouchon de bouteille et d’y boire au goulot.
Le sacripant étant en phase de réussir son méfait, je me mis en devoir de sauver mon litre d’eau. Le gredin était déjà en train de dévisser le bouchon. Craignant les singes – on peut dire ce que l’on veut mais une morsure de singe est tout sauf confortable, voir leurs canines suffit à faire peur – je me mis à secouer mon vélo comme un désespéré. Ce dernier ne sembla pas apprécié être dérangé pendant son méfait. Heureusement une marchande ambulante vint à ma rescousse avec une branche fouet. Le singe finalement ne demanda pas son reste et partit sans avoir pu vider ma bouteille d’eau mais en manifestant sa mauvaise humeur en montrant ses dents et en poussant quelques cris.
Je suis aventureux, intrépide, mais pas forcément téméraire alors je décidai de nettoyer le bouchon qu’avait touché le singe avec ses mains avec de l’alcool avant de reboire au goulot de ma bouteille.
En fait cette expérience m’a encore démontré une fois de plus que dénaturer les comportements sauvages des animaux peut entraîner de gros problèmes. Les singes à Angkor sont en partie devenus agressifs, tout ça parce qu’ils ont été nourris et qu’ils ont perdu leur instinct primitif et peur naturelle de l’homme.
Au-delà de tout ça, ce qui m’a au final le plus marqué c’est la ressemblance entre ces singes et nous. Quand on les regarde, on voit qu’ils savent pertinemment à qui ils ont à faire. Ils sont capables de lire nos comportements et de s’y adapter. Ils sont capables d’élaborer des stratégies avec plusieurs inconnues, de réagir par mimétisme, de créer un lien.
Quand je l’ai vu venir sur mon panier de vélo pour aller ouvrir le bouchon de bouteille pour s’abreuver j’ai constaté son intelligence et en ai tiré le constat qu’un rien nous sépare. Je ne m’étais jamais rendu à quel point nous sommes proche. Cela me trouble.





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