Quand on voit la vie en rose
- L'Api Curieux

- 6 nov. 2025
- 3 min de lecture

Chitwan ; ses touristes, ses tuks-tuks, ses hôtels, ses lodges et sa douceur de vivre. Ainsi pourrait-on résumer Chitwan, sauf que j’ai oublié l’essentiel ; ses animaux. Me voici arrivé pour deux jours de parenthèse. Il fait bon, les touristes sont peu nombreux. L’hôtel n’est pas fantastique mais l’arrière cours donne sur de la verdure, des champs cultivés, des papayers et quelques cabanons de jardin. Le devant donne sur la route et par-delà je vois le parc national de Chitwan. Des jeeps version safari rehaussées avec quatre rangées de sièges passent devant moi. Des guides me hèlent dans la rue. Cela pourrait donner une impression d’oppression sauf que le rythme est lent, les gens m’abordent avec le sourire, sans stress, sans pression. Cela fait du bien.
Il est 16h30, le soleil commence à baisser, il se voile légèrement me faisant penser à ces brumes africaines, l’heure pour moi d’aller me promener avec nonchalance. Mes pas m’amènent au près de la rivière. Devant moi un cours d’eau me sépare d’une large bande de sable et plus au loin de la jungle du parc. A ma gauche quelques herbes aquatiques, des roselières desquelles on voit s’envoler quelques oiseaux notamment des gardes bœuf. Au fond j’aperçois les touristes rentrer de leur excursion dans la jungle qui attendent patiemment leur pirogue pour traverser le cours d’eau.
Le ciel prend une belle teinte orangée. J’en profites pour suivre le cours de la rivière. Mes pas m’amènent au sein d’un restaurant de plage. Ambiance tamisée, chant des oiseaux et des cigales locales, table en bord de berge avec bougie, berge et rive à peine à quelques mètres et le serveur en tenue de lodge. Je me croirais presque dans un décor de film des années 60. Je laisse les tables s’effacer pour rejoindre le bord de berge jusqu’à ce que mes pas m’emmènent face à une masse uniforme présente dans l’eau. Plusieurs touristes sont présents. Surprise, je ne m’attendais à rien et voilà que je me trouve face à un rhinocéros. Ce gros pépère semble ne pas trop vouloir bouger. On ne perçoit que ses grandes oreilles et de temps en temps ses narines. Sa patience de boudha et de pacha a raison des touristes. Ceux-ci s’en vont, il ne reste plus que lui et moi. Et là tout d’un coup c’est le bal des lumières ; le ciel dont la teinte était passée à l’orange pâle se drape de nouvelles couleurs de rose ; platine, marbre, fuschia, le tout rien que pour moi. Et au milieu de la rivière, rien que pour mes yeux, le rhinocéros daigne enfin se lever et se montrer sous sa plus belle robe.
Pendant quelques instants j’ai l’impression de retourner en Afrique là où j’ai connu certains de mes plus beaux couchers de soleil et où j’ai pu admirer les animaux de la Brousse. Le soir même de la fenêtre de ma chambre j’ai la chance d’apercevoir quelques Chitals (Cerf axis) et un phacochère. Le lendemain, sans trop y croire, je retourne sur mes pas le long de la rivière et là deuxième coup de chance ; un second rhinocéros vient me dire bonjour. La lumière est plus blanche et laiteuse, cela permet de mieux voir ses détails, de se rendre compte de sa puissance et de sa force brute. Malgré tout il se dégage de cet animal une certaine forme de nonchalance.
La soirée n’aurait pas été complète si je n’avais vu un crocodile et de l’autre côté de la rive s’ébrouer un puissant éléphant mâle solitaire. Finalement cette soirée n’aurait pas été si extraordinaire si elle ne s’était pas conclue par la venue d’un troupeau de Chitals se désaltérer au coucher au bord de la rivière. En seulement quelques minutes et sans déranger les animaux j’aurais eu la chance d’en voir plusieurs d’entre eux.

Comme quoi parfois il suffit simplement de laisser la nature venir à nous !





































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