Mangan, une rencontre inattendue
- L'Api Curieux

- 19 oct. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 nov. 2025

Mangan ; la montagne, l’air frais, du vert, du silence, enfin un peu de calme et de sérénité. Le voyage, les rencontres, c’est riche, intense, très intense, presque trop. Et puis l’Inde c’est un pays complexe. Mes sens ont été sursollicités. Je me rends compte que si je veux durer, garder l’esprit clair et recevoir tout ce que je vois il va falloir que je m’octroie des moments de pose, sans réflexion, écriture, rencontre. Mais c’est quand même toujours assez drôle de constater que c’est au moment où je décide de lâcher prise que je fais les plus belles rencontres.
Aujourd’hui j’ai décidé de me perdre au milieu de la jungle, de faire une petite randonnée pour admirer un point de vue. Chemin faisant je ne peux m’empêcher de m’arrêter devant une maison assez simple au début de la jungle où se trouve quelques ruches traditionnelles locales ; troncs d’arbres creusées couchées et boite rectangulaire fait maison.
C’est à ce moment que je me fais héler par une jeune fille en anglais qui me demande ce que je fais là. Je lui explique que je suis intéressé par les abeilles, lui montre quelques photos et lui demande si je peux regarder leurs ruches de plus prêt. S’en suit l’échange le plus surprenant que j’ai eu depuis mon arrivée.
La jeune fille m’explique que depuis qu’elle est petite elle vit avec les abeilles et qu’elle les entend et qu’elles la reconnaissent en ne la piquant pas. Ainsi les abeilles lui signifient que le moment de la récolte est venu en venant virevolter dans la cuisine. Au moment de la récolte - qu’elle réalise sans aucune protection - elle et sa famille n’utilisent que très légèrement l’enfumoir. Elle s’enduit ensuite légèrement de miel les mains des abeilles et s’en va délicatement prélever quelques cadres qui seront ensuite pressés à la main. Les autres cadres sont laissés aux abeilles. Afin de ne pas risquer de perdre la reine au moment de la récolte elle la met dans une jarre en terre cuite et la libère à la fin. Tout ça sans protection, juste en leur parlant. En cas de danger les abeilles viennent la prévenir en se regroupant autour d’elle en vrombissant et si jamais il y a besoin de faire une division car la ruche est trop pleine, les abeilles viennent la solliciter délicatement sur son corps.
A l’occasion de notre rencontre la famille me propose une boisson et la petite me fait découvrir les avocatiers sauvages (arbre pouvant atteindre plus de 20m) et les parents leur ferme. Au moment de partir le père et la petite m’accompagne sur un bout de chemin et me dit que c’est la première fois qu’elle voit un touriste qui aime la nature et être dedans.
Au final j’ai l’impression d’avoir plus appris sur la relation aux abeilles en voyant cette petite qu’en ayant rencontré dix apiculteurs professionnels.



































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