Le plateau des Boloven
- L'Api Curieux

- 22 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 févr.

Situé à prêt de 1000m d’altitude il constitue un lieu riche de cascades, cultures agricoles et d’ethnies ; Lao Theung, Alak, Nyaheun et Laven. D’après les anecdotes locales, l’origine du nom viendrait d’une erreur du guide du routard qui a fait un amalgame entre le nom de l’ethnie majoritaire Laven et le lieu géographique. Devant l’engouement de la destination touristique les locaux n’ont pas osé rectifier. Leur zone géographique est donc devenue le plateau des Bolovens.
N’étant pas encore à l’aise en scooter, j’ai fait le choix d’effectuer ce tour en 4 jours à bicyclette. 250km en quatre jours, une grande première pour moi. La chance est de mon côté, j’ai trouvé à Pakse lieu du départ de la boucle des boloven un loueur de vélo de bonne qualité.
Jour j ; me voilà parti à la rencontre des cascades d’eau, jardins de thé et de café. Pour le thé j’ai un petit doute, je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations. Mais celle que j’aurais dû vraiment regarder c’était plutôt la montée et le type de route. Je n’avais pas réalisé que j’allais faire dans ma première journée 1000m de dénivelle positif sous 35 degrés et surtout sur une double voie. Pour le coup le passage du péage d’autoroute a été assez amusant, je suis passé sur le côté des barrières sans aucun problème et sans être taxé. Heureusement sur le bord de la route, j’ai pu voir encore en activité des forgeurs qui produisent essentiellement des coupes-coupes et outils de jardinage, des canneurs produisant une grande variété de chapeaux, paniers et bien sur des plantations.
Passé le kilomètre 32 (ici c’est comme ça que l’on désigne les villages) je fais étape dans une ferme d’accueil. Un moment de repos bien mérité mais surtout qui me permet de voir mes premières plantations de café, poivre et également des arbres à thé. Il s’agit du Camellia Assamica. Au départ je les confondais de loin avec la feuille de caféier, mais impossible de se tromper ; la feuille de café est tombante et fripée ; la feuille de théier assamica est nervurée, se tient plus droite et surtout est légèrement dentelée sur le côté.
Sur place pour la première fois je croise trois différentes variétés de café ; arabica, robusta et libérica. Chacun de ces arbustes se développe dans des conditions particulières. L’arabica est celui qui développe le plus d’arômes et est le plus sensible au climat et aux maladies. Il se développe plutôt entre 12 et 25 degrés et on le trouve entre 600 et 2000m. Le robusta lui est entre les deux. Il se développe à plus basse altitude entre 200 et 800m et supporte des températures relativement plus élevées entre 20 et 30 degrés. Le Libérica a besoin de plus distance entre chaque plant mais est plus robuste, il est utilisé car très résistant aux maladies (notamment rouille du café) et eux climats plus extrêmes et surtout peut se développer à faible altitude.
En parallèle à la visite de café, je visite deux exploitations de thé. Malheureusement la barrière de la langue m’empêche d’en savoir beaucoup plus. J’apprends cependant une chose ; le thé jaune est un thé moins fermenté que le thé rouge. Ce qui est intéressant c’est comment ils réalisent la fermentation ; pour le thé jaune ils mettent les feuilles dans une poche sous le soleil pour qu’il fermente, pour le thé rouge ils le tasse dans un panier de manière à déclencher la fermentation. La différence entre le thé jaune, rouge et noir c’est que pour le thé noir ils rajoutent des feuilles de bananiers dans le processus de fermentation. Je n’en n’ai pas appris beaucoup plus mais j’ai quand même appris qu’il y a de multiples manières de lancer le processus de fermentation.
Cette boucle a été aussi l’occasion de croiser un couple de cycliste sur la route. Ce fut un moment agréable. Nous avons fait un bout de chemin ensemble. Parcourir ces 250km en 4 jours m’aura donné envie de renouveler l’expérience. A vélo on est plus libre. Au-delà des chutes d’eau, des nuits dans les villages ethniques, ce que je retiens de ce tour à vélo c’est un double apprentissage ; j’ai goûté et mangé des fourmis presque vivantes qui se trouvaient sur des feuilles de caféiers, le goût était plutôt celui du vinaigre ; j’ai aussi appris comment on faisait le café.
Le processus de torréfaction du café se fait en plusieurs étapes. Premièrement on récolte le café quand le fruit est bien rouge puis on le fait tremper dans l’eau (24h) pour ne garder que les bons grains et faire fermenter la peau. A ce stade on retire manuellement la première peau. Etape suivante, retirer la seconde peau. Pour ce faire après avoir fait sécher le grain on le pile. Ici ils utilisaient un mortier à riz comme outil. Une fois le grain pilé il faut le passer au tamis pour séparer la peau du grain. Il ne reste plus qu’à passer le grain au brasero pour rendre friable la troisième peau et la retirer. Ces étapes achevées, le grain est prêt à être torréfié.









































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