Le nouvel an khmu
- L'Api Curieux

- 27 déc. 2025
- 3 min de lecture

Nous sommes le 27 décembre et me voici arrivé à Muang Xay capitale de la province d’Oudomxay. Chansouk la directrice de l’association avec laquelle je vais aller visiter des apiculteurs a la gentillesse de m’emmener dans un village voisin participer au nouvel an de l’ethnie khmu qui dure deux semaines.
Cette fête est un moment festif où la communauté se réunit et mange, bois et danse ensemble. Les gens sont habillés en costume traditionnel, de noir vêtu avec quelques broderies de couleur rouge, vert, orange, jaune.
Je suis le seul étranger, cela fait du bien de se trouver en immersion locale. Les gens sont très accueillants. Chansouk connait tout le monde. Très vite les verres et la nourriture fusent. Nous nous asseyons sur une table en plastique à côté de la sono et de l’animateur de l’évènement. On mange sur des feuilles de banane. La nourriture est très bonne. J’ai droit à du riz collant que l’on mange en faisant une petite boule de sa main droite et que l’on trempe après dans la sauce. Sur la table se trouve également des petits poissons qui je crois sont fermentés, du poisson grillé avec des herbes, des sauces piquantes, des pousses de bambou, du brocoli italien, de la coriandre, de la patate douce, quelques navets et des bananes cuites et du riz collant que j’apprends à apprécier.
En parallèle il nous est servi de la bière et l’alcool de riz local. On mange à la bonne franquette. Chacun avec ses baguettes va chercher un petit morceau de nourriture dans le plat commun. Il y a peu de verres, du coup on prend n’importe quel verre qui traîne et on le rince pour mettre dedans le breuvage qui nous est servi. Comme je suis l’étranger on me fait goûter à tout. Difficile de refuser. L’hospitalité est importante. Une dame me fait manger avec ses baguettes. Une autre me fait boire de l’alcool de riz. J’hésite mais ça serait porter opprobre sur la fête. Allez cul-sec. Je crois en avoir fini mais non, une autre femme revient avec un autre verre d’alcool de riz puis encore un autre. Au quatrième verre je décide de stopper, mais l’honneur local est sauf.
C’est très bon et suis heureux de découvrir tous ces mets. Je découvre aussi ici que le partage se fait sans limite dans un joyeux brouhaha. Les femmes ne sont pas les dernières à boire et festoyer. Elles paraissent assez robustes et de fort caractère. C’est très chaleureux. On sent bien ici que la collectivité à un sens. Quasiment tout le monde est vêtu des habits traditionnels. A côté de nous se trouve une cabane surélevée dans laquelle se tiennent les chefs de la communauté.
Après s’être bien sustenté nous sommes invités à danser. La danse locale est assez amusante. Les hommes et les femmes se font face et dansent comme dans une ronde. L’essentiel de la danse se passe par les mains. Pas de contact physique. On danse en tournant et à la mesure chacun fait un tour sur soi. L’avantage de cette danse c’est qu’elle ne me semble pas insurmontable. Pour le coup je ne me sens pas trop ridicule.
Encore quelques verres de bière et Chansouk sonne l’heure du départ. Heureusement car je pense qu’il aurait été difficile de tenir le rythme de la fête jusqu’à la tombée de la nuit.











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