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Le bus...ou comment perdre le Nord

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 12 oct. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 nov. 2025


Nous sommes lundi, mon séjour dans l’Assam touche à sa fin et je dois partir pour rejoindre Rangia d’où je dois récupérer mon bus à 21H30. Tout va bien, il est 17H30, j’ai de la marge. Mon hôte m’amène en famille trouver un taxi. Jusque-là tout roule. On ne voit rien la nuit, on dépasse des cohortes de vélo non éclairés, on contourne des trous dans la chaussée, on dépasse un accident, tout va bien, pas de problèmes.


Après 45mn de route nous arrivons à un carrefour où il me dépose pour récupérer un rickshaw (sorte de tuc-tuc). Négociation du chauffeur, il me fait payer 20 roupies de plus car mon sac est gros, ok c’est de bonne guerre. 18H10 nous sommes trois, je me dis chouette on va partir. Eh ben non il faut que le rickshaw soit complet.

18h13 on passe à quatre, 18h20 cinq, 18h25 six, 18h30 Sept. Sept chiffre porte bonheur, je me dis c’est bon. Non, toujours pas. 18h40 on dépasse le chiffre officiel, de sept on passe à 9 ; trois devant, trois au milieu, trois derrières. Mon gros sac ne me laisse pas trop de répit pour rouspéter. Je prie pour que l’on en reste là.


18h45 peine perdue, mon chauffeur qui voit grand et même très grand réussi à en caser un de plus derrière, soit quatre pour deux places, et un au milieu soit quatre pour trois places. Nous voici à 11, notre rickshaw a fière allure, on déborde légèrement sur les côtés, au milieu, bref de partout, mais l’ensemble se tient, il est solide, cohérent, nous formons un tout prêt à se lancer et surtout je respire encore.


18h50 je n’ai pas encore atteint l’apoplexie mais n’en suis pas loin. Mon sac est en butée contre moi, mes jambes immobilisées, le parfait saucissonnage. Mon voisin a son coude sur mon sac, le second une jambe dans le vide et le dernier, veinard, est assis, quoi que légèrement compressé contre les montants en fer. C’est là que notre chauffeur sort son atout maître, eh oui il avait encore de la ressource. Il nous en rajoute deux qui font contrepoids et sont installés debout sur les marche pieds arrière de notre rickshaw. Nous voilà enfin prêt à décoller. Nous formons une belle équipe de rugby à 13 me dis-je, mais à la différence du rugby les gros et les petits sont mélangés sans discrimination, chacun à sa place, au risque cependant que certains étouffent plus vites que d’autres.


19H45 mon rickshaw m’amène à ma station de bus et là, stupeurs et tremblements, il n’y a pas de station. Je suis en contrebas d’une autoroute de quatre voies et fait face à quelques échoppes. Il fait tout noir, j’ai un bus à 21h30 et ne sait fichtrement pas où est l’arrêt. Je revêts ma carte de courage et vais voir une échoppe, il m’indique une direction vers l’autoroute, je la suis. Fièrement j’ouvre mon GPS et essaye de suivre tant bien que mal la direction indiquée. Il n’y a pas de routes, me voici en train de marcher sur l’autoroute dans le noir avec un sac à dos de 20kg. Tout va bien, je ne suis pas encore angoissé, mais transpire de plus en plus et suis proche de me convertir à la religion, ça serait stupide d’être écrasé là. Une petite prière ne peut pas faire de mal.


400m plus loin je me rends compte que mon GPS ne fonctionnait pas bien et qu’il faut faire demie tour.



20h00, rebelote je reprends l’autoroute, à contre sens ce coup-ci, les phares dans les yeux, ce qui a l’avantage d’éviter de me tordre une ou deux chevilles car il n’y a pas de lumières. Je retourne vers les échoppes et demande un appui, un soutien. La première échoppe hèle un rickshaw pour m’amener à la gare, heureusement j’arrive à lui expliquer que c’est le bus que je cherche et il s’en va sans moi. Finalement les tenants de l’échoppe m’indiquent de les suivre et là miracle, oh miracle, ils m’amènent devant une agence privée de vente de ticket de bus. Bon c’est pas du tout ce que dit Google Maps, mais le vivant étant souvent plus fiable qu’internet, je choisis de leur faire confiance. La solidarité indienne et son hospitalité se met en place. Ils ont bien compris que moi touriste blanc ne parlant pas la langue était complètement paumé. Ils m’invitent à m’assoir, passent trois coups de fil et me disent d’attendre. Ils me proposent à boire et manger, tout le charme de l’Inde. Après avoir eu le chauffeur de bus en ligne, ils m’indiquent que mon arrêt de bus se trouve de l’autre coté sur l’autoroute.


21h30, ils m’accompagnent à l’arrêt de bus et me confie à d’autres voyageurs. Aucun signe ne permet de distinguer l’arrêt de bus. Nous sommes sur le bas-côté de l’autoroute. Derrière moi une mosquée et quelques échoppes vides. Un homme dort par terre. Un rickshaw est à l’arrêt dans la rue parallèle et mon bus arrive.



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