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La face cachée de Phnom Penh

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 20 févr.
  • 2 min de lecture

Imaginez des triples voies de circulation ; de grands villages dortoirs vide en amont de la ville, des constructions à tout va, toutes plus imposantes les unes que les autres mais conservant une certaine influence communiste ; des gratte-ciels ; des rues submergées de scooter ; des marchés épars ; deux bras d’eau issus du Mékong et du Tonlé Sap qui se rejoignent en une confluence, un bord de rivière ou errent pakistanais, bangladais, indonésiens, chinois, ayant perdu leur travail informatique de cyber fraude et bien sur un « red district » et vous visualisez parfaitement Phnom Penh.



Cette ville c’est un mélange de moderne et d’ancien. Elle est rugissante, brouillonne, sonore, frénétique, blessée de son passé, mais heureusement les petits matins la laissent encore un peu respirer. On y retrouve encore au coin des rues quelques cafés, échoppes où il peut faire bon s’asseoir ainsi que des marchés locaux ouverts, mais cela se mérite. Vous n’y arriverez pas sans avoir déambulé dans la masse des scooters et bien sûr sans avoir traversé le « Red District ».


Odenerz, sur l’affiche mon logement avait l’air pas mal. Une auberge de jeunesse, un peu l’usine mais une équipe efficace et sympathique. Une chambre de quatre, j’y ai plutôt bien dormi, mais rien ne m’avait préparé à l’ambiance de dehors. J’étais en pleine zone urbaine, presque en immersion dans le « Red District ».



Le matin pas de problèmes les femmes de nuit ne sont pas au travail. Le soir c’est une tout autre histoire. Traverser le « Red District » est une épreuve mentale et physique. De part et d’autre de la rue sous des devantures suggestives ; « Tiger Bar », « Beautiful Bar », « The Angry Birds », « Blue Angel », « Dream bar », « Cowgirl » des femmes vous hèlent car vous n’êtes plus qu’un morceau de viande déguisé en portefeuille. Elles sont blondes, brunes, petites, grandes, en chair, menue, certaines tatouées, attablées à des petites tables circulaires en train de fumer, jouer aux cartes, se faire les ongles ou boire un café sous des lumières artificielles roses, bleus. Elles vous montrent leur corps ; cuisse, ventre, poitrine, elles ont le rire haut et rauque. Tout est bon pour attirer votre attention. La vulgarité est la norme, la classe l’exception. Mais derrière les façades ce qui se dégage d’elles ressemble plus à de la tristesse qu’à autre chose, comme une fleur fanée.


Malgré tout des hommes d’un autre temps semblent accepter cette situation voir s’en satisfaire. La bière facile, la chemise ouverte, le verbe haut et le tatouage apparent ils semblent eux aussi venir d’un autre univers plus proche de la porcherie que des palais de Jade. La médiocrité humaine est universelle tout comme la connerie.


Heureusement Phnom Penh est bien plus que ces devantures. Au petit matin attablé à une terrasse en compagnie d’hommes du quartier qui m’ont accepté à la tablée je sirote un thé dans une ambiance apaisée ou la gentillesse cambodgienne me rappelle qu’il faut souvent aller au-delà des apparences pour réellement découvrir un pays, une ville, des personnes.

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