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L’Hévéa

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 25 oct. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 nov. 2025


On s’en sert tous les jours dans notre quotidien, on en porte sur nous, ses usages sont multiples et divers, c’est tellement banal qu’on en n’oublie tous le coût écologique ; je parle bien entendu de l’arbre de Hévéa ou arbre à caoutchouc. Avant de me retrouver en plein milieu de la jungle et de voir cet arbre je ne savais même pas à quoi il ressemblait ni me posais des questions quant aux conséquences de l’exploitation de cet arbre.


L’hévéa est un arbre qui arrive à maturité entre 5 et 7 ans. Il a l’avantage de pousser vite. La demande est forte, c’est une ressource économique non négligeable pour les populations locales notamment les travailleurs ruraux. La production de caoutchouc se fait à partir de la sève des cellules de l’arbre qui est récoltée quotidiennement dans un petit bol suite à une saignée exercée dans l’arbre. L’exploitation d’un arbre peut durer jusqu’à 40 ans. Afin de maximaliser l’exploitation les entailles dans l’arbre sont réalisées du même côté pendant près de cinq ans, puis c’est une autre face du tronc qui est exploitée et ainsi de suite.



Le travail d’entaille a lieu à 1h du matin pour une récolte 5h plus tard ; c’est le temps que met l’arbre pour cicatriser et donc à partir duquel la sève ne s’écoule plus. Une fois récupéré, le latex est déposé pendant 24h dans des bassines contenant un mélange d’acide formique et d’eau, ce qui permettra de figer le caoutchouc sous forme de grosse pâte. L’étape suivante est l’aplanissement de cette pâte. Une fois le caoutchouc bien aplati comme une feuille de papier il ne reste plus qu’à le sécher en le passant au fumoir à bois.



C’est la première fois que j’ai vu tout le processus, c’était très instructif. Merci à Wallan pour m’avoir montré comment fonctionne cette exploitation. En les voyant travailler six jours sur sept, se lever à 1h du matin, enfiler leurs bottes pour éviter de se faire mordre par des serpents, entailler les arbres qui sont à flancs de montagne, récolter la sève à 7h du matin, puis à pieds nus et mains nues vider les bassines contenant les pâtes de Latex, je ne peux m’empêcher de me dire qu’ils ont une sacré dose de courage et de m’inquiéter pour leur santé. Ils ont beau me dire que l’acide formique est dilué dans de l’eau, je sais bien que c’est nocif et que l’impact pour la nature et leur santé n’est pas anecdotique. Je me rends bien compte aussi que notre consommation effrénée de caoutchouc contribue très fortement à abîmer la planète en favorisant notamment les mono-exploitations. Mais surtout je me rends compte de la dichotomie entre des discours environnementaux et philosophiques généreux et la réalité de la pauvreté. Le Latex est leur gagne-pain assuré et leur permet d’avoir une maigre subsistance. Sans aides, comment pourraient-ils faire autrement ?



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