Carte postale dystopique de Phu Quoc
- L'Api Curieux

- 28 févr.
- 2 min de lecture

Selon le Larousse « est dystopique une société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste ». Phu Quoc et ses belles plages de sable fin aux eaux turquoise sont pour moi une forme de dystopie. Elles sont parfaites, une eau limpide et chaude, des cocotiers, du sable fin, un maître-nageur et bien sur quelques centaines de touristes qui se prélassent sur des chaises longues, jouent dans l’eau et exhibe pour certains d’entre eux fièrement leur corps.
La plage est parfaite, pas de bruit excessif, pas de poubelles, des cocotiers, de l’ombre, du vent, des bars. Bref le mythe idéal de la carte postale. Le tableau parfait. Si je n’étais à Phu Quoc au Vietnam je pourrais avoir l’impression d’être n’importe où les pieds dans l’eau en territoire d’outre-mer, à l’île Maurice, en Polynésie. Seulement voilà, je ne suis pas n’importe où. Je suis au Vietnam et cette image de carte postale idéale n’existe que pour le bonheur de certains touristes luxueux et elle est loin de la réalité ordinaire.
Phu Quoc est encensée par le guide du routard pour ses belles plages turquoise, son authenticité, mais tout cet idylle qu’une image façonnée pour les étrangers. La réalité du bord de mer est tout autre. La plupart des plages sont jonchées de détritus. L’immobilier est frénétique et galopant. Le tourisme de masse.
Cela ne veut pas dire que l’île n’a pas de charme. Le nord est encore la partie la plus sauvage. Son parc protégé y apporte beaucoup de fraîcheur. Parcourir cette partie-là apporte un vrai sentiment de liberté. Quand le regard porte au-delà des laisses de mer jonchées de déchet on découvre un paysage splendide construit de pontons, barques et petits bateaux de pêche. Au loin les montagnes rajoutent un sentiment de volume. La jungle luxuriante est source d’une grande biodiversité. Les noix de cocos au sens propre du terme tombent du ciel. Dans les coins les plus reculés de l’île la vie se poursuit au rythme du balancement des hamacs. On retrouve encore certains villages de pêcheurs et de gargotes où il fait bon manger des fruits de mer et du poisson.
Phu Quoc ça n’est pas que ça. C’est la plus grande île du Vietnam, c’est une île ou il y a de la polyculture avec notamment la culture de poivre, de fruits tropicaux, des fermes de nioc num et également la spécialité de l’île, des fermes de perle.
Mais retrouver cette authenticité se mérite. Il faut sortir des zones hypers touristiques et s’aventurer dans les zones reculées pour vraiment apprécier le charme de cette île. Mais l’équilibre est tenu. La surpopulation touristique qui a déjà contribué à détériorer cette île risque à terme d’avoir un impact bien plus important que celui d’aujourd’hui et les zones encore préservées atteintes.





























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