Assam - Dimakuchi : de la jungle au thé
- L'Api Curieux

- 10 oct. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 nov. 2025

Il est 22H40, le train n’a que 30mn de retard, me voici arrivé à Dimakuchi en plein cœur de l’Assam. Petite gare, adieu stress de Guwahati ou le hall de gare ressemblait à une plage ou à un camping municipal. Petite, certes ; mais il faut quand même que je reconnaisse quel est mon hôte. En effet Tenzing je n’ai échangé avec lui que via Couchsurfing. Je ne sais rien de lui si ce n’est qu’il a une petite ferme de production de thé et ma fois les photos de Couchsurfing, c’est un peu comme tinder ou meetic, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Finalement pas de soucis à me faire, je suis le seul blanc, c’est lui qui me reconnait.
Il est 23h30, mon hôte m’accueille chaleureusement chez lui avec un très bon thé noir issu de sa manufacture et un repas local. La chambre est grande mais très spartiate avec une pièce d’eau sommaire. L’ensemble est fonctionnel selon les standards indiens, mais limite selon les standards européens. Cela fait maintenant trois semaines que je voyage, mon corps commence à s’adapter sans trop de bizarrerie ni de réactions intrigantes. Araignées, moustiques, sauterelles, fourmis et autres insectes présents ne me font quasiment plus peur. La vue de ma chambre donne à côté du marché. C’est agréable pour l’aspect vie. Ça l’est moins pour l’aspect gestion des déchets. Encore une fois en inde, j’ai l’impression de me promener dans un dépotoir géant.
La finalité n’étant pas le lieu mais le contenu, place au thé.
Je me projetais le thé comme une plante qui ne se cultive qu’en moyenne altitude à flanc de côteaux, que nenni ; grande désillusion locale. Dimakuchi est plat et les jardins de thé s’étendent sur des hectares s’y mêlant joyeusement palmiers aréquiers, citronniers, bananiers, flamboyants, papayers et autres espèces locales. Ces jardins sont bordés d’immenses rizières couleur vert émeraude, vert pâle, vert menthe, vert pomme. Associé aux différentes couleurs du vert du thé, quand le soleil perce, l’ensemble forme un tableau très agréable aux yeux, très reposant, très zen.
Plus de 200 tonnes par an sont produits en Assam par des petits producteurs et je ne tiens pas compte de ce ce que produisent les grandes manufactures de thé. Je n’avais pas conscience d’un tel chiffre. L’Assam est bel et bien un des états majeurs de production de thé de l’Inde.
Parcourir ces jardins de thé, c’est un peu revenir à l’époque victorienne. Les travailleurs indiens que je croise à pied ou à vélo avec leur pagne et leur paquet de bois porté sur la tête me projette complétement dans cette ambiance. La lumière légèrement laiteuse de fin de journée à travers laquelle perce les derniers rayons du soleil associée aux feux de bois devant les maisons de terre battue renforce cette impression. Quand en plus j’ai la chance de croiser un éléphant sauvage dans une plantation de thé, j’ai carrément l’impression de m’être arrêté un siècle plus tôt. Il y a des parties du monde ou le temps ne semble pas prendre prise. Les jardins que j’ai visités en font complètement partie.



















Commentaires