L’Apis Cerena dans le Meghalaya :
- L'Api Curieux

- 14 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 nov. 2025

C’est l’abeille indigène locale la plus couramment utilisée. Elle aurait été domestiquée il y a plusieurs siècles. Les ruches dites modernes sont conduites sur 8 cadres, disposent d’une hausse et sont généralement sur trépieds ou pieds. Le pied repose des fois dans un bol au plastique remplit d’eau pour éviter la montée des fourmis. Les ruches sont protégées et isolées de la pluie soit par un toit de tôle ou d’inox, soit avec du polystyrène.
Par contre il n’y a pas d’isolation interne. Le système de ventilation permettant d’évacuer l’humidité consiste en un trou grillagé fixé dans le toit et un rectangle grillagé fixé sur le couvre cadre.
La ventilation de la ruche par l'Apis Cerena à pour objectif de diminuer la chaleur à l'intérieur de la ruche. Par les battements des ailes, l'Apis Cerena créée un effet "climatiseur" pour diminuer la température dans le cœur de la ruche. La vidéo ci-dessous démontre bien que la question de la surchauffe des ruches n'est pas qu'un problème en Europe, mais aussi en Asie.
Peu de grilles à reine sont utilisées. Un simple morceau rectangulaire d’aluminium est utilisé pour éviter que la reine monte et ponde dans la hausse. Localement dans le Meghalaya il n’y a pas de transhumance ou très peu. La production est essentiellement le fait de récolte de fleurs sauvages venant des forêts. A l’opposé de ce qui peut se faire dans le Kerala, le miel n’est pas coupé au sucre.
L’Apis Cerena est plus foncée que l’Apis Mellifera, légèrement plus petite et son abdomen est striée de cercles blancs. Localement ils distinguent l’Apis Cerena blanche de la noire. Le système d’élevage et de couvain est le même que pour l’Apis Mellifera. Une subtilité cependant, le couvain mâle est perforé, c’est clairement un marqueur d’identité de cette espèce. La particularité du mâle c’est d’être tout noir
L’Apis Cerena semble beaucoup plus résistante que l’Apis Mellifera, elle ne rencontre que pas ou très peu de problèmes de maladie et le varroa est géré en interne par les abeilles. Seule la fausse teigne est susceptible d’affecter un peu la ruche. N’étant pas affecté par les mêmes maladies que l’Apis Mellifera les ruches ne subissent aucun traitement chimique ni biologique.
Cette abeille se nourrit dans un rayon de 2Km autour de la ruche. Celles-ci, compte tenu de la relative agressivité de l’Apis Cerena (surtout lorsque le soleil est très présent), sont éloignées d’à minima 6m entre elles. Certains apiculteurs vont même jusqu’à 50m. Cette agressivité est une force pour les abeilles qui lui permet notamment de ralentir, voire de neutraliser les attaques du frelon asiatique. Deux techniques sont utilisées ; la danse des abeilles qui consiste en une sorte de frétillement de l’abdomen de l’abeille qui perturbe le frelon asiatique au point de stopper son attaque ; l’encerclement du frelon par les abeilles visant ainsi à le tuer par étouffement et hausse de la température dans ce cercle.
Les récoltes de miel ont lieu en novembre, décembre, mars et avril. Un cadre de hausse permet d’obtenir approximativement 0,5kg de miel. Une bonne récolte annuelle est estimée à 10Kg. Les extracteurs utilisés sont manuels et sont mis à disposition des apiculteurs sous format de coopérative. Certains apiculteurs extraient encore le miel par pressage manuel.
Le nourrissage est très limité et se fait seulement pendant le plus gros mois de la mousson, soit juillet dans le Meghalaya. Le nourrissage se fait dans la hausse à partir d’une bouteille remplit de sirop à hauteur de 50% d’eau et de 50 % de sucre et a lieu une fois par semaine pendant un mois.
Afin d’assurer la production de leur ruche les apiculteurs tuent les reines tous les deux ou trois ans, mais cette pratique n’est le fait que des apiculteurs expérimentés. En effet un problème local est l’abandon des ruches après récolte de miel. On observe grosso modo 20% de désertion de ruches. Le renouvellement des essaims se fait donc soit à l’occasion des essaimages, soit par division artificielle en mélangeant des cadres, soit à partir de ruches pièges qui permettent de récupérer les essaims sauvages ou qui sont en migration – jusqu’à 50km pour certains d’entre eux.























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