top of page

Kurseong et la fabrique de thé "Makaibari"

  • Photo du rédacteur: L'Api Curieux
    L'Api Curieux
  • 14 oct. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 nov. 2025


Il est 7h et je viens d’arriver à Kurseong directement de Siliguri après 8h de bus de nuit et 1h3O de jeep. Ma nuit courte et le changement de région n’enlève rien à mon émerveillement et à la sensation de pénétrer un mythe. Arriver dans ces jardins de thé à flanc de côteaux et au vert multiple à proximité même des jardins du Darjeeling, c’est un peu remonter à une époque révolue ; celle de la compagnie de thé de l’empire britannique. Plus que ça c’est aller à la rencontre d’un mythe et parcourir enfin les jardins du breuvage que je bois tant.



Kurseong est un petit village agréable dont toute sa richesse réside dans sa fabrique de thé : Makaibari. C’est tout simplement la plus vieille fabrique de thé originale d’Inde. Sa création remonte à 1859. Coup de chance, mon hôtesse a travaillé à la fabrique ; c'est grâce à elle que j’ai eu la chance d’en avoir une visite privée. La fabrique est d’origine. Incroyable mais vrai, certaines machines pour le thé après 100 ans d’existence sont toujours d’usage. J’ai la chance de les voir fonctionner, du séchage par ventilation, en passant par le roulage jusqu’au séchage au four et au triage. C’est la première fois que je comprends et vois réellement les processus qui permettent de faire du thé, c’est passionnant. Plus encore que les machines, ce que je préfère ce sont les odeurs de feuille de thé qui viennent me chatouiller le nez. De la feuille humide, fermentée, séchée, il y en a pour tous les goûts. C’est délicieux, c’est un peu comme si l’air était juste constitué de fragrances de thé et que l’on en respirait chaque arôme.



La fabrique Maïkabari se distingue par le fait que ses employés le sont de père et en fils et ce depuis plus de quatre générations. C’est également la première fabrique de thé à avoir été labellisée bio en 1988 et certifiée commerce équitable en 1993. La certification bio s’est inscrite, suite à l’effondrement de l’Union Soviétique, dans une démarche d’ouverture et d’accès au marché européen. Aujourd’hui le Thé Maïkabari a connu une renommée exceptionnelle grâce à la reine Elisabeth qui était sa plus grande amatrice.


Les feuilles, après une plus ou moins longue oxydation et/ou fermentation selon la nature du thé, sont consommées soient entières, avec ou sans bourgeon, brisées et en poudre. On distingue quatre périodes de récolte :

-          1st flush (Mars-Avril) est celle ou les feuilles sont les plus aromatiques, les plus fraiches. A l’occasion de cette récolte on récolte les deux feuilles les plus tendre ainsi que le bourgeon qui à ce moment n’est pas fertilisé. Cette récolte a lieu tôt dans la saison, entre mars et avril. C’est un thé subtil à la robe dorée et aux arômes fruités, légers.

-          2nd flush (Mais-Juin) la sève a repris, les arômes sont plus forts, plus fruitiers, la robe est plus foncée, tirant légèrement sur l’orange. C’est à ce moment aussi que l’on fait la récolte du thé blanc qui est constitué uniquement de la récolte du bourgeon.

-          Moonson flush, il s’agit de la récolte en pleine mousson (Juillet-septembre), la robe tire sur le marron et le goût devient plus prononcé et épais. Ce thé est utilisé dans les mélanges.

-          3rd flush est la dernière récolte de l’année avant le repos de l’hiver. Le thé dévoile une robe ambrée foncée, le liquide est plus épais en bouche, les arômes rappellent des notes plus boisées, de cuir, animales, de sous-bois, grillé.



Le thé noir dans son processus débute par un temps de séchage de 16 à 18h pour enlever la moisissure, le thé vert quant à lui n’est pas séché, par contre il subit un processus pour stopper l’oxydation. Dans le cas de Mabaikari c’est par immersion dans une machine produisant une température d’air à 245° pendant 5mn que l’oxydation est stoppée et non pas par vapeur d’eau chaude. Les deux thés par la suite passent à la machine à roulage de feuille.


Vient ensuite le temps de la fermentation pour le thé noir sur claie pendant 2h30, puis pour les deux thés le temps du séchage à 230° au four ; 23mn pour le thé noir, 25mn pour le thé vert. Après il ne reste plus qu’à passer les feuilles de thé dans des machines qui permettent de le calibrer et d’éliminer les nervures et reste de tige. Ça y est le thé est prêt à être dégusté.


Le thé blanc se différencie par sa délicatesse et son traitement. Il est constitué des bourgeons. La récolte se fait la première semaine du mois de juin. Du fait de sa délicatesse il ne subit ni séchage par ventilation sur claie, ni fermentation. Il est mis directement au séchage four pendant 25mn.


Le thé Oolong est un thé semi oxydé avec plus ou moins longue fermentation. Il se situe donc entre le thé vert et noir. Le séchage se fait pendant 10h mais avec ventilation faible, ensuite vient la phase de roulage pendant 40mn, puis la fermentation pendant 1h et enfin séchage au four durant 23mn.


Enfin un des thés les plus fameux de la fabrique Makaibari est la récolte du Silver Full Moon Oolong Tea. Son originalité réside dans son nom. Ce thé est récolté lors de la pleine lune au son des tambours et au chant des femmes. Il est récolté quatre fois par an de 17h à 22h. La pleine lune lui conférerait un caractère typique extrêmement délicat.


Si je peux écrire ces quelques lignes sur les différents types de thé, c’est qu’au hasard de mes déambulations dans le village j’ai rencontré un jeune qui travaillait dans le magasin de la fabrique et qui m’a mis en contact avec le « Tea Sommelier » Parveez Arshad Hussain.


C’est ainsi que j’ai été convié à une dégustation de thé locale et ai eu la chance de goûter leurs plus fameux thés.

Commentaires


bottom of page