Demingstar RANI (Inde)
Apiculteur et Paysan

Demingstar Rani que j’ai eu l’occasion de rencontrer grâce à l’aide de Nectar et de Colk est apiculteur de père en fils. Il possède une ferme en polyculture (élevage, poisson, cultures diverses ; millet, patates, cannabis) située à Thainthyroh, petite localité au sud de Shillong en plein territoire Khasi. Cela fait plus de 30 ans qu’il exerce. Originellement il conduisait ses ruches de manière traditionnelle puis il est passé en conduite moderne, c’est-à-dire standardisée, suite à sa rencontre avec NECTAR. Il est désormais une référence dans le processus de formation et de tuilage des apiculteurs du Meghalaya. Il possède approximativement 280 ruches, essentiellement en conduite dite « moderne » et quelques-unes traditionnelle ; essentiellement des ruches troncs couchées. L’espèce d’abeille qu’il détient est l’Apis Cerena. Ces ruches sont éparpillées sur un vaste espace formé de landes, collines associant des milieux ouverts, semi ouverts et quelques mattes fermées. Elles sont conduites sur 8 cadres et avec une seule hausse.
Première apprentissage à son contact : l’Apis Cerena est une espèce territoriale qui ne supporte pas la présence d’autres abeilles dans son voisinage directe. Ses ruches étaient éloignées d’à minima 50m mais j’ai découvert d’autres apiculteurs qui ne les éloignent que de 6 - 10m. Localement ils la trouvent agressive, mais qu’au mois de mars-avril juste après l’hiver. Personnellement je l’ai trouvé très douce, cela est certainement lié au mois d’octobre qui leur convient bien. Aucune agressivité, qui plus est on a ouvert les ruches sans enfumoir, aucuns soucis. Sur mon rucher en France cela n’aurait jamais fonctionné.
Second apprentissage et pas des moindres : j’ai pu observer sur site que l’Apis Cerena pour battre le rappel et lutter contre le frelon asiatique, voir l’intimider, exerce une sorte de danse de frétillement de leur abdomen qui a l’air plutôt concluante et semble poser problème au frelon. Cette chorégraphie avait quelque de très hypnotique et de très beau. On aurait dit un tableau en mouvement.
Concernant la conduite de ces ruches dites modernes, celles que j’ai pu observer disposaient seulement d’une hausse. Localement il nourrit très peu, que pour pallier aux fortes moussons ; entre 4 et 5kg de sucre par ruche par an essentiellement en juillet lors des moussons. Les hausses sont mises entre octobre et avril et le miel récolté dans les hausses. Il ne touche pas au corps. Les cadres sont petits et il y a peu d’amorce de cire dessus voire pas du tout. Les cadres ne sont pas posés sur crémaillères. Ils sont de type « hoffmann». L’entrée pour les abeilles est un simple rectangle ou trou qui limite l’intrusion des frelons. Des fois ils posent une petite grille anti frelon dessus. Ils ne travaillent pas avec des partitions isolantes ni des toits isolants (sauf un toit galvanisé pour lutter contre la pluie).
Par contre, à ma surprise, pour les ruches étant sur support (généralement trois pieds), le fond de ruche ne dispose pas de trous ou de grillage pour favoriser une meilleure évacuation de l’humidité. Celle-ci est en fait évacuée par le léger trou rond qui se trouve dans le toit de la ruche. Demingstar rentre autour de 10kg de miel par ruche.
L’extraction se fait soit avec extracteur mis à disposition en coopérative ; extracteur manuel (trois cadres ou deux cadres) mais cela reste plutôt rare, soit par pressage manuel ; pratique encore largement répandue.
Dans la gestion de la ruche et de la reine il reproduit le système européen qui consiste, quand la reine est vieillissante au bout de trois ans, à la tuer. Pour les nouveaux cheptels il compte sur les essaimages ou bien fait des divisions artificielles en mélangeant des cadres de couvain et des abeilles nourricières dans une nouvelle ruche.
Enfin une anecdote à retenir également, à l’occasion de ma visite de la ferme de Dermingstar, j’ai découvert que les abeilles Apis Cerana aimaient la fleur de cannabis, soit les plants mâles.




















