Palina RAI (Nepal)
Entrepreneure/exportatrice de produits agro-environnementaux.

Cette rencontre a été le fruit du hasard fortuit. J’ai découvert les produits de Palina à Gangtok en Inde dans le café fiction. Je l’ai donc contacté via les réseaux sociaux pour lui expliquer mon projet et elle a accepté de me rencontrer au Népal. Ce qui est assez drôle c’est qu’au moment où je l’ai contacté elle ne se trouvait pas très loin de moi. J’étais à Darjeeling alors qu’elle se trouvait à Kalimpong pour un projet de festival.
J’ai rendez-vous avec elle à Katmandou au Lamee Coffee. Polina est une femme radieuse, énergique avec un grand sourire. Son parcours est exemplaire et montre que le chemin de la réussite est possible même quand les conditions de départ ne sont pas réunies. Son histoire est celle du courage, de la volonté, du succès et de la bienveillance. Le début de son aventure remonte à cinq ans. Devant la difficulté de la vie conjugale, elle n’a d’autres choix que de changer de vie. Contre vents et marées ; la tradition et coutume locale qui refuse de voir les femmes exercer librement une profession, la pression sociale et familiale, elle décide de se donner une nouvelle chance. Elle décide donc de quitter sa région d’origine, l’Est du Népal, de divorcer pour se lancer dans cette nouvelle aventure, celle de Boju Store. Elle a d’ailleurs été récompensée en 2025 par le prix de la meilleure femme entrepreneure exportatrice de produits agro-environnementaux.
Originaire de l’Est du Népal, dès sa plus jeune enfance elle a côtoyé les abeilles. Au Népal, notamment en raison de la religion, la relation à l’abeille est quelque chose de l’ordre du sacrée. Voir venir chez soi des abeilles est signe de joie, dès lors chaque maison et ferme disposait de ruche traditionnelle. C’était le cas aussi pour Polina dont ses parents étaient fermiers.
Mais la rencontre des abeilles avec Polina dépasse ce cadre. Petite elle aimait jouer dans la chambre d’amie. Un jour elle laissa tomber un objet par terre. Se baissant pour le ramasser elle découvrit sous le meuble sous lequel était l’objet des rayons de cire et des abeilles. Sans perdre de son assurance elle en profita pour casser un petit morceau de rayon et récupérer le miel avec lequel elle se fit un masque de beauté, le tout sans se faire piquer. On peut dire que c’est à ce moment qu’elle rentra en contact avec les abeilles.
Par la suite, à force de faire des randonnées, elle rencontra des apiculteurs. Soucieuse de la vie des apiculteurs, amatrice de produits bio et sans pesticide, attachée à son environnement, elle décida donc de se lancer dans ce projet de magasin. Chacun de ses produits a été choisi personnellement après avoir rencontr é les producteurs. A l’occasion de notre rencontre elle m’a fait généreusement fait goûter ses produits : miel de Butter tree, miel blanc du Nord du Népal, Miel sauvage, et je dois avouer que c’était très bon.
Notre rencontre a été aussi le moment pour échanger sur l’apiculture. Elle m’a expliqué que la récolte du miel sauvage ou « Mad Honey » était le fait de tribus. Que ces apiculteurs l’étaient de père en fils et que le savoir-faire est en train de se perdre. Consciente du risque que fait peser la récolte du Miel sauvage sur la sauvegarde des abeilles Apis Laboriosa – de par la destruction de l’ensemble des rayons de cire, couvains compris – et par corolaire sur la biodiversité de l’Himalaya, elle a décidé de limiter la vente de ce miel et de ne le vendre qu’à des particuliers pour des traitements médicaux : maux de tête, problèmes articulaires, problèmes de maladie de peau, problèmes de sommeil et de stress.
Par ailleurs elle est également très active dans la protection des identités des tribus locales. Notre entretien s’est d’ailleurs terminé sur ce sujet puisque le 19 décembre elle participe à un festival à Kalimpong en Inde qui sera notamment le lieu de rencontre de plusieurs apiculteurs.
Qui sait peut-être s’y croisera t-on !








