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Coralie DUHAMEL (France)

Amatrice de thé


Travaillant dans le tourisme à la Couvertoirade, Coralie a quitté le Nord de la France pour s'installer à Millau pour des raisons professionnelles. Je l'ai rencontré grâce au cirque à l'occasion de nos retrouvailles de jongleurs. C'est à ce moment que nous eûmes l'occasion de parler de mon projet de voyage. Très vite je me rendis compte que tous les deux nous partagions le goût du thé. C'est ainsi que je lui proposais de faire mon premier entretien sur le thé pour comprendre ce que représentait le thé pour elle et comment il était entré dans sa vie.


Le thé telle qu'elle me l'a exprimé est quelque chose de doux qui a rythmé sa vie - en voyant sa mère en consommer - et qui rythme sa vie et ses journées au gré des saisons. En hiver elle le boit pour la chaleur et le réconfort qu'il porte, elle aime particulièrement la sensation de chaleur qui se diffuse dans ses doigts quand elle tient sa tasse. En été elle le préfère froid notamment le thé vert japonais hojicha. Le reste de l'année cette boisson l'accompagne dans les moments partagés avec ses amis, ses repas, notamment les sushis et les soupes. Avec la soupe de potimarron, son plaisir est de rajouter en amont une infusion de thé fumé Lapsang Souchon.


Tout cela l'a fait voyager et lui rappelle des paysages de vie. Le thé lui rappelle aussi bien ses études au Japon, ce qui lui a permis de développer son palais et goût du thé, ou le voyage à Taïwan chez son amie. C'est à cette occasion et en voyant le père de son amie lui resservir plusieurs fois du thé qu'elle a compris qu'il suffisait que l'on laisse sa tasse de thé pleine pour éviter d'être resservi et ce sans porter atteinte à l'hospitalité de l'hôte. Le thé à la menthe quand à lui la renvoie à son voyage au maroc. Enfin le thé chaï avec du lait la ramène au restaurant indien dans lequel elle allait à Lille.


Le thé est donc pour elle un marqueur de mémoire des moments de vie. Cela ne l'empêche cependant pas de s'interroger sur l'impact de la surconsommation de thé sur l'environnement.


Pour conclure, si je ne devais retenir qu'une phrase de notre rencontre c'est celle-ci : "en France le thé à cette image que c'est une boisson pour femmes". Pour moi qui aime le thé, cette phrase est pleine d'incompréhension. Si elle s'avère vraie, cela veut dire que notre construction sociale limite l'accès à certains produits en fonction de l'image et du genre qui y est associé. Un peu plus de douceurs dans le monde pourtant ne ferait pas de mal.






Coralie DUHAMEL (France)
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